Entretien de l'immunité

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Entretien de l'immunité naturelle

Pour certains agents infectieux, l’immunité est entretenue de manière naturelle.

Les contacts itératifs avec des sujets infectés ou porteurs sains suffisent à maintenir une immunité anti-infectieuse via les lymphocytes B et T mémoires, témoins d’une première rencontre avec l’antigène. Ceci est le cas pour certains agents infectieux humains stables (exemples : Bordetella, Haemophilus, virus rougeoleux ou poliomyélitique).

En revanche, la réduction du nombre des infections et du portage, liée à l’amélioration de l’hygiène (comme c’est le cas pour l’hépatite A) ou à l’augmentation de la couverture vaccinale (rougeole, coqueluche), risque de diminuer les occasions naturelles de stimuler l’immunité pour certains pathogènes. Cette situation expose à d’éventuelles épidémies susceptibles de survenir chez des sujets plus âgés, non ou mal vaccinés (exemple de la coqueluche) : il faudra dès lors adapter la politique vaccinale et prévoir des vaccinations de rappel.

Entretien de l’immunité vaccinale

L’immunité antitétanique ne peut être stimulée de manière naturelle et nécessite des rappels réguliers. L’immunité antidiphtérique s’estompe dans les pays où les souches toxinogènes ne circulent plus : elle doit également être restaurée par une injection de rappel.

Pour acquérir une immunité protectrice de base, deux ou trois doses sont souvent nécessaires (exemples : vaccins contre la diphtérie, la coqueluche, etc.) ; l’intervalle entre les injections doit être suffisamment long pour amplifier la réponse immune et garantir l’obtention d’un taux suffisant d’anticorps protecteurs.

Le délai optimal entre deux injections de vaccin est en général de quatre semaines, correspondant au temps de maturation des lymphocytes.
Ce délai est déterminé par la cinétique de la production des anticorps qui demeure la méthode la plus simple, même si elle ne permet pas d’évaluer la réponse cellulaire. Plus le délai est court, plus on retrouve en circulation des plasmoblastes, prêts à produire des anticorps (délai minimum : 14 jours). Plus le délai est long, plus le lymphocyte B et/ou T est mature et assure une réponse mémoire B et/ou T.

Dans certaines situations d’urgence, le délai entre deux injections peut être raccourci (départ en voyage, contact avec le VHB par exemple) mais la protection à long terme ne sera pas assurée.

Ultérieurement, le calendrier vaccinal prévoit des doses de rappel à dates régulières pour maintenir un titre d’anticorps protecteur. Le délai entre la primovaccination et le premier rappel ou entre deux rappels est en général de cinq ans. Ce délai a également été déterminé par l’étude de la cinétique de décroissance des anticorps (pour le tétanos et le pneumocoque par exemple).

Quel que soit le retard à la pratique des rappels recommandés, il n’est pas nécessaire de reprendre le programme vaccinal à son début, en dehors de certaines situations particulières (auto et allogreffe de moelle osseuse).

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