Coqueluche

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Le principal objectif de la vaccination contre la coqueluche est de réduire le risque de coqueluche grave chez les nourrissons qui sont trop jeunes pour être protégés par la vaccination.
Si les vaccins actuels contre la coqueluche sont efficaces, l’immunité qu’ils induisent est limitée dans le temps : ils nécessitent des rappels à 6 ans, 11-13 ans, 25 ans, 45 ans, 65 ans, puis tous les dix ans, et la mise en place d’une stratégie du cocooning autour des nouveau-nés permettant de les protéger.
La vaccination contre la coqueluche est obligatoire, en France, chez tous les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018.
La coqueluche est une maladie très contagieuse, due à des bactéries du genre des Bordetella (Bordetella pertussis et Bordetella parapertussis) et à l’origine de complications graves voire mortelles chez les nourrissons.
Son diagnostic, souvent méconnu chez l’adulte du fait d’une symptomatologie atypique, contribue à pérenniser la circulation de la bactérie. De plus, la coqueluche chez le nourrisson présente un tableau clinique atypique. La transmission ne se fait plus entre jeunes enfants comme à l’ère pré-vaccinale, mais le plus souvent du jeune adulte ou de l’adolescent qui n’est plus immunisé ou à jour de ses vaccinations, au petit nourrisson non encore protégé par la vaccination.

Les Bordetella sont divisées en plusieurs espèces : B. avium et B. hinzii qui infectent principalement les oiseaux sauvages et volailles, B. ansorpii et B. trematum qui infectent l’homme de manière anecdotique, et quatre espèces qui infectent l’homme plus fréquemment. Celles-ci sont notamment B. pertussis et B. parapertussis, les agents de la coqueluche, mais aussi B. homelsii, agent de bactériémies chez les sujets immunodéprimés et pouvant être détecté lors d’un syndrome coqueluchoïde, et B. bronchiseptica qui peut infecter plusieurs espèces de mammifères et induire chez l’homme immunodéprimé des bactériémies ou des infections respiratoires. Enfin, B. petrii, bactérie de l’environnement, peut induire, bien que rarement, une infection respiratoire persistante chez l’homme.

Clinique

La coqueluche est une infection bactérienne très contagieuse de l’arbre respiratoire inférieur, peu ou pas fébrile, d’évolution longue. La gravité de la maladie est liée à ses complications pulmonaires et neurologiques, touchant surtout les jeunes nourrissons et pouvant conduire à des séquelles voire au décès. Parmi ces complications, les quintes asphyxiantes avec malaises graves et la « coqueluche maligne » sont l’apanage des nourrissons de moins de 3 mois non immunisés. Cette dernière se traduit par une détresse respiratoire avec hypertension artérielle pulmonaire, hyper-lymphocytose majeure suivie d’une défaillance multiviscérale. Cette forme, rend compte de la quasi-totalité des décès déclarés liés à la coqueluche chez les enfants.

Le tableau clinique de la coqueluche est très variable selon l’âge et le degré de protection de l’individu. La maladie débute par des signes discrets d’infection des voies respiratoires supérieures : rhinite, toux légère puis toux qui se modifie et se prolonge au lieu de s’améliorer.

Le diagnostic de coqueluche doit être évoqué devant une toux évoluant depuis plus de sept jours sans cause évidente, surtout si la toux est spasmodique à prédominance nocturne, survenant de façon paroxystique, souvent quinteuse : accès violents et répétés de toux aboutissant à une reprise inspiratoire difficile avec vomissements, parfois à une turgescence du visage, rougeur conjonctivale, accès de cyanose et une reprise inspiratoire en fin de quinte sonore et comparable au chant du coq. À noter que le chant du coq peut être absent chez le jeune nourrisson, les adultes et les sujets anciennement vaccinés. L’absence de fièvre et d’autres signes respiratoires sont également possibles. Entre les accès de toux et les quintes, le sujet est asymptomatique. La survenue d’autres cas dans l’entourage du patient reste un indicateur important.

Le diagnostic biologique s’appuie sur le prélèvement par écouvillonnage ou aspiration nasopharyngée. La confirmation biologique repose sur la PCR en temps réel (PCR-TR) qui est positive dans les trois premières semaines de la maladie, ou la culture qui sera positive dans les quinze premiers jours de la maladie. Le diagnostic plus tardif repose sur un lien épidémiologique avec un cas confirmé. Lorsque la durée de la toux est supérieure à vingt et un jours, le diagnostic est avant tout clinique. La sérologie n’a plus sa place dans la stratégie diagnostique et elle n’est plus remboursée en France.

La transmission, strictement humaine, est aérienne et s’effectue par contact avec un sujet malade qui tousse. La maladie se transmet d’autant plus que l’exposition est répétée dans un espace limité et clos. La contagiosité est maximale au début de la maladie, pendant la phase catarrhale, puis diminue avec le temps. Le taux d’atteinte secondaire peut aller jusqu’à 90% chez les contacts familiaux non immuns, puis diminue tout en persistant pendant les trois premières semaines. La période de contagiosité peut être considérée comme nulle après trois semaines d’évolution sans traitement antibiotique ; elle est ramenée à cinq, voire trois jours, si un traitement par un macrolide est mis en œuvre (trois jours si traitement par azithromycine). La durée de protection après la maladie naturelle est estimée à douze-quinze ans. L’immunité conférée par le vaccin est également de durée limitée d’où la nécessité de rappels. Cette perte progressive de l’immunité chez l’enfant et l’adulte anciennement vaccinés explique la grande variabilité observée dans l’expression de la maladie.

Les personnes à risque sont susceptibles de faire des formes graves de coqueluche ou de décompenser une pathologie sous-jacente. Il s’agit des nourrissons non protégés par la vaccination, des personnes souffrant de pathologies respiratoires chroniques (asthme, broncho-pneumopathies chroniques obstructives, etc.), des personnes immunodéprimées et des femmes enceintes. Le risque de transmission nosocomiale en service de néonatologie ou en maternité est donc important et la vigilance doit y être multipliée.

Même s’il existe un passage placentaire des anticorps anticoquelucheux naturels, la plupart des nourrissons ne sont pas protégés contre la maladie clinique pendant les premiers mois de vie, à moins que leur mère n’ait été récemment vaccinée et ce, en raison probablement de l’insuffisance du titre d’anticorps transférés.

De même, la coqueluche survenant dans les premiers mois de vie est considérée comme peu immunisante, la vaccination reste donc nécessaire chez ces nourrissons.

Le contrôle de la maladie repose sur :

  • la détection précoce des cas et leur traitement ;
  • la prophylaxie pour les personnes fragiles exposées (essentiellement le nourrisson non vacciné et les personnes à risque) ;
  • l’éviction du cas de la collectivité fréquentée pendant cinq jours après le début d’un traitement antibiotique adapté (trois jours si azythromycine) ;
  • la mise à jour de la vaccination des contacts proches selon les recommandations vaccinales ;
  • l’information de la population exposée et une surveillance active de trois semaines après la fin de la contagiosité du dernier cas identifié.

La conduite à tenir autour d’un ou plusieurs cas de coqueluche est précisée sur les sites du ministère de la Santé et du Haut Conseil de la santé publique.

Epidémiologie/Couverture vaccinale

Depuis 1986, la coqueluche ne fait plus partie des maladies à déclaration obligatoire (DO) mais reste à signaler à l’agence régionale de santé (ARS) dans deux situations spécifiques :

  • dans le cadre du signalement des infections nosocomiales (prévenir l’équipe opérationnelle d’hygiène (EOH) et signalement via l’outil web de signalement e-SIN) ;
  • lors de la survenue de cas groupés (à partir de 2 cas).

Le centre national de référence (CNR) assure l'expertise microbiologique des souches isolées.

La surveillance des cas confirmés pédiatriques vus à l’hôpital a été reprise à partir de 1996 par le réseau hospitalier Renacoq de pédiatres et de bactériologistes. Ce réseau regroupe 42 centres hospitaliers pédiatriques. Jusqu’à présent, il n’y a pas de surveillance systématique de la coqueluche « en ville » mais, depuis janvier 2017, le réseau Sentinelles a inclus la coqueluche dans sa surveillance, auprès de ses médecins sentinelles.

La surveillance repose sur l’identification des cas qui doivent répondre à l’une des trois définitions de cas suivantes :

  • cas clinique : toux quinteuse de plus de quatorze jours évocatrice de coqueluche, reprise inspiratoire difficile ou chant du coq ou apnées ou accès de cyanose ou vomissements après les quintes ou hyperlymphocytose ;
  • cas confirmé biologiquement : toux de huit jours et plus avec quintes évocatrices et une preuve de l’infection par isolement de Bordetella par PCR ou culture positive sur l’aspiration nasopharyngée ;
  • cas confirmé épidémiologiquement : patient suspect de coqueluche dont l’un des contacts dans les trois semaines avant le début de sa toux a été confirmé biologiquement par PCR ou culture (contaminateur potentiel du cas épidémiologique), ou si une personne en contact avec lui pendant sa période de contagiosité a présenté des signes suspects de coqueluche ayant été confirmés au laboratoire par PCR ou culture (cas secondaire du cas épidémiologique).

Les cas groupés de coqueluche (au moins 2 cas, contemporains ou successifs, survenant dans la même unité de lieu) doivent être signalés aux agences régionales de santé (ARS). Afin de faciliter le recueil de données et l’analyse des cas groupés, des modèles de fiches sont disponibles sur le site de Santé publique France. Qu’il y ait un ou plusieurs cas de coqueluche confirmés, des mesures de contrôle sont appliquées individuellement à chaque cas. Plus la population à risque est élevée, plus l’intervention doit être rapide. Les cas groupés restent cependant des événements attendus parmi les personnes qui ne sont pas ou plus protégées par la vaccination : nourrissons ou personnes dont le dernier rappel vaccinal remonte à plus de cinq ans.

D’après les données de surveillance du Réseau Renacoq, 3318 cas de coqueluche confirmés chez des nourrissons âgés de moins de 6 mois ont été déclarés de 1996 à 2015. Parmi ceux-ci, 66% étaient âgés de moins de 3 mois. Au cours de cette période, l’incidence a significativement diminué de 444 cas pour 100000 nourrissons âgés de moins de 3 mois en 2000 à 96 cas pour 100000 en 2015. Toutefois, des cycles épidémiques de coqueluche persistent tous les trois à cinq ans, en 1997, 2000, 2005, 2009 et 2012-2013. Parmi les cas documentés chez les nourrissons de moins de 3 mois en 2015, 38% étaient admis en réanimation. La létalité varie de 0 à 3% selon les années.
De 2005 à 2014, 64 décès par coqueluche ont été notés sur les certificats de décès reçus par le CépiDC : 59 de ces décès concernaient des nourrissons de moins de 1 an, 5 des personnes de plus de 75 ans. Le nombre maximum de décès a été observé au moment des pics de 2005 et 2012-2013 avec 10 décès annuels chez des enfants âgés de moins de 1 an.

Le vaccin contre La Coqueluche

RECOMMANDATIONS GÉNÉRALES

Nourrissons

La vaccination contre la coqueluche est obligatoire pour tous les enfants nés à partir du 1er janvier 2018. Elle comporte une primovaccination de deux injections à deux mois d’intervalle, aux âges de 2 mois (8 semaines) et 4 mois, suivies d’un rappel à l’âge de 11 mois.

Les vaccins hexavalents utilisés pour cette primovaccination comprennent une dose entière d’antigènes coquelucheux (DTCaP) : Infanrix Hexa®, Hexyon®, Vaxelis®.

Pour garantir l’efficacité de ce schéma vaccinal, l’intervalle entre les deux 1res doses ne doit jamais être inférieur à deux mois, et l’intervalle entre la 2e et la 3e dose ne doit jamais être inférieur à six mois.

À l’âge de 6 ans

Le rappel coquelucheux est recommandé avec une dose entière de vaccin coquelucheux : Tétravac acellulaire®, Infanrix Tetra®.

Entre 11 et 13 ans

Le rappel diphtérie, tétanos coqueluche et poliomyélite est recommandé.

  • Si l’enfant a eu son rappel coquelucheux à 6 ans : vaccination avec une dose réduite d’antigènes coquelucheux (dTcaPolio) : Repevax®, Boostrixtetra®.
  • Si l’enfant n’a pas reçu de rappel coquelucheux à l’âge de 6 ans ou s’il a reçu à 6 ans une dose réduite d’antigènes coquelucheux (dTcaPolio), vaccination avec une dose entière d’antigènes coquelucheux (DTCaPolio) : Tetravac acellulaire®, Infanrix Tetra®.

En situation de tension d’approvisionnement touchant les vaccins combinés contenant la valence coqueluche, des recommandations temporaires proposant une adaptation de la stratégie de vaccination ont été émises en février 2015.

Ces recommandations s’appliquent en fonction de la disponibilité des vaccins.

  • Chez le nourrisson, la vaccination telle que prévue au calendrier vaccinal est maintenue avec l’utilisation d’un vaccin hexavalent DTCaPolio, Haemophilus influenzae b et hépatite B, les tensions d’approvisionnement ne concernant pas les vaccins hexavalents.
  • Le rappel prévu à l’âge de 6 ans peut s’effectuer avec un vaccin tétravalent à dose réduite d’antigènes coquelucheux dTcaPolio (Repevax®, Boostrixtetra®).
  • Pour les enfants vaccinés à l’âge de 6 ans par un vaccin à dose réduite d’antigènes coquelucheux dTcaP, le rappel à l’âge de 11-13 ans s’effectue avec un vaccin tétravalent à dose entière DTCaPolio (Tétravac acellulaire®, Infanrix Tetra®).
  • Pour ce qui concerne la stratégie du cocooning et la vaccination autour des cas, les conduites à tenir sur la vaccination sont maintenues (voir infra – paragraphe sur le cocooning).

RECOMMANDATIONS PARTICULIÈRES

Chez le prématuré

Se référer au texte Prématurés.

Chez les adultes

Le but de la vaccination chez les adultes est d’éviter qu’ils ne contaminent les petits nourrissons dont le schéma complet de vaccination n’est pas achevé.

À l’âge adulte, le rappel est fait à 25 ans avec un rattrapage possible jusqu’à 40 ans.

La stratégie du cocooning est recommandée pour l’entourage du nourrisson au cours de ses six premiers mois de vie ; une revaccination coquelucheuse est indiquée si la personne en situation de cocooning a reçu à l’âge adulte une dose de vaccin coquelucheux depuis plus de dix ans.

Le vaccin tétravalent à doses réduites d’antigènes coquelucheux (dTcaPolio) est recommandé chez :

  • les adultes âgés de 25 ans avec un rattrapage possible jusqu’à l’âge de 39 ans révolus ;
  • dans le contexte professionnel ;
  • dans le cadre de la stratégie du cocooning (voir infra – paragraphe sur le cocooning) ;
  • chez les personnes en contact avec un cas de coqueluche ou lorsqu’il existe des cas groupés (voir infra – paragraphe sur la vaccination autour de cas groupés).

En France, la vaccination contre la coqueluche n’est actuellement pas recommandée chez la femme enceinte (sauf à Mayotte dans le contexte actuel épidémique lié à une baisse de la couverture vaccinale).

RECOMMANDATIONS PROFESSIONNELLES

Le but de la vaccination des professionnels est de protéger les personnes non immunisées contre la survenue d’une coqueluche grave au contact des professionnels infectés.

Personnes concernées :

  • les professionnels soignants dans leur ensemble, y compris dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ;
  • les personnes travaillant en contact étroit et répété avec les nourrissons âgés de moins de 6 mois (maternité, service de néonatalogie et de pédiatrie) devraient être vaccinées en priorité ;
  • les étudiants des filières médicales et paramédicales ;
  • les professionnels de la petite enfance dont les assistants maternels ;
  • les personnes effectuant régulièrement du baby-sitting.

SCHÉMA DE VACCINATION

Chez l’enfant

  • Primovaccination avec une dose à 2 mois, une dose à 4 mois et un rappel 11 mois ;
  • Rappels à 6 ans, 11 ans et 25 ans.

La primovaccination à 2 et 4 mois ne doit pas être différée pour permettre aux nourrissons, population la plus susceptible de faire des formes sévères, d’être le plus vite protégés contre la maladie. Le vaccin hexavalent doit être utilisé.

Un rappel coquelucheux (vaccin DTCaP) à l’âge de 6 ans a été introduit dans le calendrier vaccinal à partir de 2013. Cet ajout a été essentiellement motivé par les données en faveur d’une durée de protection limitée conférée par une primovaccination ne comportant que des vaccins acellulaires.

Le rappel à 16-18 ans a été supprimé en 2013. Dans l’intervalle séparant le rappel de 11-13 ans de celui de 25 ans, les adolescents/adultes jeunes peuvent cependant recevoir un rappel coquelucheux, dans le cadre de la stratégie du cocooning, si leur dernier rappel date de plus de cinq ans. L’objectif n’est pas d’éliminer la coqueluche dans cette tranche d’âge, mais d’éviter que des adolescents ou adultes jeunes ne contaminent des nourrissons de moins de 6 mois. Dans ce cas, la dose suivante se fait ensuite sur le calendrier vaccinal en cours.

Les rappels systématiques comportent une valence réduite d’antigène coquelucheux (dTcaPolio) : une dose à 25 ans, 45 ans, 65 ans (Repevax®, Boostrixtetra®). De même, chez les personnes non antérieurement vaccinées contre la coqueluche ou dont la dernière injection remonte à l’enfance et date de plus de cinq ans, la vaccination est réalisée avec une dose de vaccin tétravalent à doses réduites d’anatoxine diphtérique et d’antigène coquelucheux dTcaPolio (Repevax®Boostrixtetra®).

Chez l’adulte

Tout comme le rappel des adolescents, ce rappel est destiné à protéger indirectement le nourrisson en prolongeant la protection de son entourage. Le calendrier vaccinal 2004 a introduit la stratégie du cocooning qui consiste à protéger les nourrissons de moins de 6 mois par l’immunisation de l’entourage.

Le rappel coquelucheux (dTcaP) a été repositionné à l’âge de 25 ans en 2013. Ce rappel s’inscrit dans le cadre du renforcement de la stratégie du cocooning, en rappelant qu’en France, l’âge moyen de la première grossesse se situe à 28,5 ans en 2015 (Insee). Ce rappel coquelucheux s’applique aux personnes n’ayant pas reçu de vaccin depuis plus de cinq ans. Pour les personnes non vaccinées à l’âge de 25 ans, un rattrapage est proposé jusqu’à l’âge de 39 ans révolus.

L’immunité coquelucheuse après maladie naturelle est de l’ordre d’une dizaine d’années. Il n’y a pas lieu de revacciner les personnes éligibles à la vaccination moins de dix ans après une coqueluche documentée. En revanche, une injection de rappel est recommandée aux personnes éligibles ayant contracté la maladie plus de dix ans auparavant.

Stratégie du cocooning

La vaccination contre la coqueluche est également recommandée dans le cadre de la stratégie dite du cocooning.

La vaccination est recommandée pour les adultes jeunes ayant un projet parental. Au cours de la grossesse, il est recommandé de vacciner le père (s’il ne l’a pas été antérieurement), de vérifier le statut vaccinal des enfants de la fratrie et le cas échéant de le mettre à jour. Il est également recommandé de vacciner les adultes (assistant maternel, grands-parents, baby-sitter régulière) susceptibles d’être en contact étroit avec le futur nourrisson pendant les six premiers mois de sa vie.

Récemment, quelques pays (États-Unis, Royaume-Uni, Canada, Belgique), en réponse à une recrudescence de la coqueluche, ont mis en place la vaccination des femmes enceintes dans l’optique d’induire une double protection chez les jeunes nourrissons : indirecte via le cocooning maternel, et surtout directe par le passage d’anticorps coquelucheux maternels chez le nouveau-né. Les données disponibles concernant cette stratégie montre qu’elle est sûre et efficace. Elle a été recommandée, en 2018, à Mayotte dans le cadre d’une résurgence épidémique de la coqueluche dans un contexte de diminution de la couverture vaccinale des nourrissons.

En France, il est recommandé de vacciner la mère dès son accouchement, idéalement à la maternité même si elle allaite, et de mettre à jour les vaccinations de l’entourage si cela n’a pas été fait auparavant. Les adultes concernés qui auraient reçu un vaccin dTP peuvent recevoir un vaccin dTcaP en respectant un délai d’un mois. Il est désormais recommandé que les personnes ayant reçu une dose de vaccin dTcaP à l’âge adulte et qui se trouvent (ou se retrouvent) en situation de cocooning, reçoivent une nouvelle dose de vaccin dTcaP si la précédente administration remonte à plus de dix ans.

En résumé, la stratégie du cocooning concerne les populations suivantes :

  • les adultes ayant un projet parental ;
  • l’entourage d’une femme enceinte pour :
    • les enfants de la fratrie et le conjoint,
    • les personnes susceptibles d’être en contact étroit et durable avec le futur nourrisson au cours de ses six premiers mois. Ceci peut concerner les grands-parents, les baby-sitters, etc.
  • en post-partum immédiat :
    • la mère, qu’il conviendrait idéalement de vacciner avant la sortie de la maternité, même si elle allaite, 
    • les personnes susceptibles d’être en contact étroit et durable avec le futur nourrisson au cours de ses six premiers mois si la mise à jour de la vaccination n’a pas été faite antérieurement.

Modalités de vaccination

  • Personnes non antérieurement vaccinées contre la coqueluche ou n’ayant pas reçu de vaccin coquelucheux depuis l’enfance : une dose de vaccin dTcaPolio.
  • Personnes antérieurement vaccinées :
    • adolescents et jeunes adultes de moins de 25 ans : une dose de rappel si la dernière injection date de plus de cinq ans ;
    • adultes de plus de 25 ans : une dose de rappel de vaccin dTcaPolio si la vaccination coquelucheuse antérieure remonte à dix ans ou plus.

Dans tous les cas, un délai minimal d’un mois devra être respecté par rapport au dernier vaccin dTPolio. Pour ces personnels il est aussi recommandé que, les rappels administrés aux âges de 25, 45, 65 ans, comportent systématiquement la valence coquelucheuse (vaccin dTcaPolio).

Par la suite, le recalage sur le calendrier en cours pour les rappels dTPolio ultérieurs se fait suivant les recommandations introduites en 2013.

En situation de tension d’approvisionnement touchant les vaccins combinés contenant la valence coqueluche :
La stratégie du cocooning et la vaccination autour des cas est maintenue sans modification chez l’adulte.
Le vaccin tétravalent à dose réduite d’antigènes coquelucheux peut être réalisé chez l’enfant à partir de 3 ans (Repevax®Boostrixtetra®).

VACCINATION AUTOUR D’UN CAS OU DE CAS GROUPÉS

Sont considérés comme cas groupés au moins deux cas confirmés (clinique, biologique ou épidémiologique) de coqueluche contemporains ou successifs (séparés par une période d'incubation compatible avec une transmission directe, soit en moyenne dix jours avec des extrêmes de sept à vingt et un jours) et survenant dans une même unité géographique (classe, école, chambre, service hospitalier, bureau, entreprise, etc.).

La mise à jour des vaccinations de la population exposée selon le calendrier vaccinal en vigueur est recommandée autour d’un cas ou de cas groupés de coqueluche. Cette population exposée comprend toutes les personnes en contact avec le cas pendant sa phase contagieuse, à savoir : trois semaines après le début des signes ou cinq jours après le début du traitement par un antibiotique adapté (ou trois jours après le début de l’antibiothérapie si le malade est traité avec l’azithromycine).

La population exposée concerne à la fois :

  • les contacts proches : personnes vivant sous le même toit (famille, chambrée d’internat, etc.) ; ami(e)s très proches ; tous les enfants et personnels de la section en crèche et halte-garderie ; tous les enfants et personnes exposés au domicile des assistants maternels et des crèches familiales ;
  • les contacts occasionnels : autres sujets ayant eu un contact face-à-face à moins d’un mètre ou pendant plus d’une heure avec le cas en milieu scolaire, en milieu professionnel, amis et personnes partageant plusieurs fois par semaine les mêmes activités ; en établissement de santé, maternité, Ehpad.

Un avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) sur ce sujet a été publié en 2014 et comprend également des recommandations de prescription d’antibioprophylaxie dans l’entourage des cas (recommandée pour tous les contacts proches non ou mal vaccinés, ainsi que pour tous les contacts occasionnels à risque de coqueluche grave ou ayant dans leur entourage des personnes à risque de coqueluche grave).

La vaccination en post-exposition n’a aucune efficacité pour prévenir la maladie chez une personne déjà contaminée. Cette vaccination de rattrapage a pour but de protéger dans l’hypothèse d’une contamination ultérieure.
Pour les personnes ayant déjà présenté la coqueluche depuis plus de dix ans, une vaccination est considérée comme nécessaire.
La coqueluche des premiers mois de la vie est considérée comme peu immunisante de sorte que ces nourrissons doivent être vaccinés selon le calendrier vaccinal en vigueur.

En l’absence de vaccin monovalent, la vaccination peut être faite avec un vaccin combiné.

Si l’enfant a reçu un vaccin combiné depuis moins de cinq ans, il est recommandé d’utiliser un vaccin combiné faiblement dosé en anatoxine diphtérique (Repevax®Boostrixtetra®).

Chez l’adulte, il est recommandé de respecter un intervalle minimum d’un mois avec un vaccin comportant les valences diphtérie et/ou tétanos. En cas de survenue de cas groupés, après signalement à l’agence régionale de santé (ARS), les mesures préventives sont prises en concertation entre celle-ci et les structures locales (médecin scolaire, EOH, etc.).

Immunogénicité

La vaccination par un vaccin acellulaire entraîne une augmentation des anticorps au moins équivalente à celle induite par un vaccin à germe entier. La contribution exacte à l’effet protecteur des différents antigènes entrant dans la composition des vaccins acellulaires n’est pas clairement connue. Cependant, il est établi que la présence de taux élevés de plusieurs anticorps vis-à-vis des antigènes coquelucheux est associée à une meilleure protection clinique que la seule présence d’anticorps dirigés contre la toxine pertussique.

Outre la réponse humorale, la réponse immunitaire à médiation cellulaire joue un rôle important dans la défense contre Bordetella. En l’absence d’un corrélat immunologique établi de protection contre la coqueluche maladie, l’efficacité de la vaccination ne peut être déduite des données d’immunogénicité mais des études cliniques.

Efficacité

Le vaccin à germes entiers a été privilégié en France jusqu’en 2005 pour les trois premières doses à 2, 3 et 4 mois. En effet, la comparaison de l’efficacité des meilleurs vaccins à germes entiers (ceux dont l’efficacité était supérieure à 90%) aux vaccins acellulaires montrait une différence de l’ordre de 10% en faveur des vaccins à germes entiers. Depuis janvier 2006, les vaccins coquelucheux à germes entiers ne sont plus disponibles en France et les trois premières injections sont réalisées avec des vaccins acellulaires. La meilleure tolérance de ces derniers justifie en grande partie leur utilisation, y compris en primovaccination. Il s’agit de vaccins composés d’un ou plusieurs antigènes purifiés en quantités variables : antitoxine pertussique (PT), hémagglutinine filamenteuse (FHA), pertactine (PRN), protéines fimbriales (FIM) à partir de la bactérie.

Dans les études cliniques randomisées et contrôlées, tous les vaccins acellulaires pédiatriques testés protégeaient de l’ordre de 84% des nourrissons.

Chez l’enfant, les vaccins acellulaires sont mieux tolérés que les anciens vaccins à germes entiers. Les essais comparatifs montrent que les réactions générales fébriles sont deux fois moins fréquentes avec les vaccins acellulaires.

Chez l’adulte, une seule dose a montré une efficacité protectrice de 92% (IC 95% : 32-99) sur une durée de suivi de deux ans et demi.

Les données françaises suggèrent qu’une protection d’environ 50% est apportée par la première dose. Le risque d’hospitalisation et de complications est réduit d’au moins 80% après deux doses de vaccins. Néanmoins, comme les données montrent une augmentation progressive de la protection après chaque dose supplémentaire, il est indispensable d’achever une série primaire entière pour obtenir les effets protecteurs complets de la vaccination anti-coquelucheuse.

Quel que soit le vaccin et même après l’infection naturelle, il existe une large variation individuelle des taux d’anticorps qui diminuent rapidement avec le temps, sans corrélation clairement établie entre les taux initiaux et la protection. L’immunité après une vaccination complète avec cinq doses dans l’enfance a aussi une durée limitée. D’après les études actuelles, elle commencerait à diminuer progressivement dès les cinq premières années après l’administration de la cinquième dose dans l’enfance.

Il existe une étroite relation entre la couverture vaccinale et l’incidence de la coqueluche dans un pays. La vaccination, introduite en 1959, s’est généralisée en France en 1966 du fait de son association aux vaccins diphtérique, tétanique et poliomyélitique. La chute du nombre de cas de coqueluche a été spectaculaire, ainsi que la baisse de la mortalité. Dans une étude portant sur les années 1999-2000, la coqueluche apparaissait comme la première cause de décès chez le nourrisson de moins de 3 mois (hors nouveau-nés) (voir figure ci-dessous).

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Une nouvelle épidémiologie de la coqueluche est apparue dans les pays où les nourrissons sont bien vaccinés, dès 1976 aux États-Unis et depuis les années 1990 en France. Du fait de la perte assez rapide de la protection vaccinale en l’absence de rappel vaccinal et faute de contact avec la bactérie qui circule beaucoup moins dans la population, la coqueluche affecte très peu l’enfant mais touche, d’une part, les nourrissons non protégés par la vaccination et, d’autre part, l’adolescent ou l’adulte qui les contamine. Ce changement dans l’épidémiologie a motivé la vaccination de rappel des adolescents à 11-13 ans depuis 1998, et celle des adultes jeunes et des futurs parents depuis 2004.

La surveillance des souches de Bordetella circulantes dans divers pays a permis de démontrer que la population bactérienne (B. pertussis et B. parapertussis) se modifiait.

L’immunité vaccinale s’est aussi modifiée en France, depuis 2007, avec la circulation d’isolats de B. pertussis et parapertussis n’exprimant pas la pertactine, l’un des antigènes vaccinaux. Ces souches représentent 52% des isolats de B. pertussis collectés par le centre national de référence (CNR) en 2017. L’efficacité protectrice des vaccins existants ne semble pas à ce jour affectée par cette modification phénotypique. Il faut signaler également que les infections liées à B. parapertussis, qui ne représentent qu’une très faible proportion des cas de coqueluche, ont diminué depuis 2017 : en 2017, seuls deux isolats ont été reçus au CNR. Il est donc important de poursuivre l’isolement des bactéries, leur analyse et de suivre la durée de l’immunité induite par les vaccins acellulaires.

Les vaccins acellulaires disponibles en France sont composés d’un ou de plusieurs antigènes purifiés (anatoxine et adhésines) de Bordetella pertussis. Les vaccins sont tous adsorbés sur sels d’aluminium.

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En l’absence de vaccin monovalent commercialisé en France, les vaccins sont disponibles sous forme combinée aux vaccins suivants :

Nom commercial*

Hexyon® Infanrix Hexa® Vaxelis®

Maladies
concernées

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche, Méningites à Haemophilus influenzae b, Hépatite B

Type de vaccin Hexavalent
Pour qui ? Nourrissons
Remboursement** Pris en charge à 65 % par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Infanrix Quinta® Pentavac®

Maladies
concernées

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche, Méningites à Haemophilus influenzae b

Type de vaccin Pentavalent
Pour qui ? Nourrissons
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Tetravac-acellulaire®

Maladies
concernées

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Type de vaccin Tétravalent
Pour qui ? Nourrissons, enfants
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Infanrix Tetra®

Maladies
concernées

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Type de vaccin Tétravalent
Pour qui ? Enfants
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Boostrixtetra® Repevax®

Maladies
concernées

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Type de vaccin Tétravalent
Pour qui ? Enfants, adolescents, adultes
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**
Nom
commercial*
Maladies
concernées
Type
de vaccin
Pour qui ? Remboursement

Hexyon® Infanrix Hexa® Vaxelis®

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche, Méningites à Haemophilus influenzae b, Hépatite B

Hexavalent Nourrissons Pris en charge à 65 % par l’assurance maladie**

Infanrix Quinta® Pentavac®

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche, Méningites à Haemophilus influenzae b

Pentavalent Nourrissons Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**

Tetravac-acellulaire®

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Tétravalent Nourrissons, enfants Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**

Infanrix Tetra®

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Tétravalent Enfants Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**

Boostrixtetra® Repevax®

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Tétravalent Enfants, adolescents, adultes Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**

*Cliquer sur le nom du vaccin pour obtenir son prix et plus d’informations.

** Le montant restant est généralement remboursé par les complémentaires-santé (mutuelles).

Il convient de se référer au résumé des caractéristiques du produit (RCP) du vaccin, disponible sur le site de la base de données publique des médicaments, pour connaître l’ensemble des contre-indications.

Les vaccins coquelucheux acellulaires à dose pleine ou à dose réduite d’antigènes coquelucheux sont contre-indiqués chez les personnes ayant présenté :

  • une réaction d’hypersensibilité connue à l’un des antigènes vaccinaux contenus dans les vaccins combinés ;
  • une réaction d’hypersensibilité connue à l’un des composants du vaccin ou à des résidus à l’état de trace tels que la néomycine, la polymyxine, la streptomycine ou le formaldéhyde ;
  • une encéphalopathie d’étiologie inconnue, qui serait survenue dans les sept jours suivant une vaccination antérieure par un vaccin contenant la valence coquelucheuse.

Des antécédents de convulsions fébriles non liées à une injection vaccinale antérieure, qu’ils soient personnels ou familiaux, ne contre-indiquent pas la vaccination.

Les vaccins dTcaPolio ne sont pas contre-indiqués chez la femme qui allaite. L’effet de leur administration pendant l’allaitement n’a pas été évalué. Toutefois, il est précisé dans leur résumé des caractéristiques du produit (RCP) : « Étant donné que le vaccin dTcaPolio contient des anatoxines ou des antigènes inactivés, aucun risque pour l’enfant allaité ne doit être attendu. Les bénéfices comparés au risque d’administrer le vaccin dTcaPolio aux femmes qui allaitent doivent être évalués par les professionnels de santé ».

Mises en garde spéciales et précautions d’emploi

Si la survenue de l’un des événements suivants est chronologiquement liée à l’administration d’un vaccin contenant la valence coquelucheuse, la décision d’administrer d’autres doses de vaccin contenant la valence coquelucheuse doit être soigneusement évaluée :

  • fièvre supérieure ou égale à 40°C, dans les quarante-huit heures suivant la vaccination, sans autre cause identifiable ;
  • collapsus ou pseudo-état de choc (épisode d’hypotonie-hyporéactivité) dans les quarante-huit heures suivant la vaccination ;
  • cris persistants, inconsolables, d’une durée supérieure ou égale à trois heures, survenant dans les quarante-huit heures après la vaccination ;
  • convulsions, avec ou sans fièvre, survenant dans les trois jours après la vaccination.

Toutefois, des études ont montré que la probabilité pour qu’une complication de ce type (épisode d’hypotonie-hyporéactivité, cris persistants, etc.) se reproduise après une nouvelle administration était faible.

Des antécédents de convulsions fébriles, des antécédents familiaux de convulsion ou de syndrome de mort inattendue du nourrisson (MIN) ne constituent pas une contre-indication à l’utilisation de ces vaccins. Les personnes ayant des antécédents de convulsions fébriles doivent être surveillées avec attention, des convulsions fébriles pouvant survenir dans les deux à trois jours suivant la vaccination.

La prescription d’antipyrétiques dans les quarante-huit heures suivant la vaccination est recommandée au cas par cas pour améliorer le confort de l’enfant en cas de réaction douloureuse et/ou fébrile. Mais elle ne doit pas être prescrite systématiquement, les réponses immunes étant légèrement diminuées après ces traitements.

Il convient de se référer au résumé des caractéristiques du produit (RCP) de ce vaccin, disponible sur le site de la base de données publique des médicaments, pour connaître l’ensemble des effets indésirables.

La tolérance des vaccins coquelucheux acellulaires est nettement améliorée par rapport à celle des vaccins à germes entiers. Ainsi, dans des essais cliniques, les taux d’incidence des réactions au point d’injection, telles que sensibilité, érythème, œdème et des effets généraux comme la fièvre, l’irritabilité et la somnolence, sont beaucoup moins importants après l’administration des vaccins acellulaires qu’après celle des vaccins à germes entiers.

Les effets secondaires plus rares, comme les pleurs persistants et les épisodes d’hypotonie-hyporéactivité, sont également moins fréquents après l’administration des vaccins acellulaires. D’autres atteintes neurologiques de type convulsions fébriles ont été signalées moins souvent après l’administration des vaccins acellulaires.

Il peut survenir un gonflement s’étendant du point d’injection à tout le membre vacciné. Ce risque apparaît à la 4e ou à la 5e dose, et croît avec le nombre de doses administrées. Malgré la taille de la zone de tuméfaction, la douleur est généralement faible. Ces réactions débutent habituellement dans les quarante-huit heures suivant la vaccination, puis disparaissent spontanément sans séquelle en quatre jours en moyenne.

Les effets indésirables doivent être déclarés au centre régional de pharmacovigilance correspondant au lieu d’exercice du médecin traitant/spécialiste du patient.

Depuis le 13 mars 2017, les professionnels de santé ou les usagers peuvent également signaler, en quelques clics, aux autorités sanitaires tout événement indésirable sur le site signalement-sante.gouv.fr, dont les effets indésirables, incidents ou risques d’incidents liés aux produits de santé.

Le vaccin contre la coqueluche peut être prescrit par :

  • un médecin ;
  • une sage-femme pour les femmes, l’entourage des femmes enceintes et l’entourage du nouveau-né jusqu’à ses 8 semaines.

La vaccination peut être réalisée par un médecin, un infirmier (sur prescription médicale) ou une sage-femme en libéral, à l’hôpital ou, pour les enfants jusqu’à 6 ans, en PMI. Elle peut également être réalisée dans un centre de vaccination public. Dans ce cas, la prescription, la délivrance du vaccin et la vaccination peuvent s’effectuer sur place.

L’injection du vaccin est prise en charge par l’assurance maladie et les complémentaires-santé dans les conditions habituelles. Il n’y a pas d’avance de frais dans les centres de vaccination publics et en PMI.

Le vaccin est disponible en pharmacie et doit être conservé au réfrigérateur entre + 2°C et + 8°C. Il ne doit pas être congelé.

Le vaccin contre la coqueluche est administré par voie intramusculaire.

À savoir
Afin de savoir s’il existe des difficultés d'approvisionnement de vaccins, consultez la rubrique dédiée sur le site Internet de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Interchangeabilité des vaccins

En principe, le même type de vaccin contenant la même composante anticoquelucheuse acellulaire devrait être administré pour l’ensemble de la primovaccination. Néanmoins, les données limitées disponibles ne semblent pas indiquer que passer d’un vaccin contenant une composante acellulaire à un autre produit renfermant aussi une composante acellulaire ait un quelconque effet sur l’innocuité ou l’immunogénicité de la vaccination. Par conséquent, si le type du vaccin précédemment administré est inconnu ou indisponible, tout vaccin acellulaire peut être utilisé pour les doses ultérieures, en fonction de la disponibilité des vaccins et du calendrier vaccinal en vigueur.

Administration avec d’autres vaccins

Il convient de se référer au résumé des caractéristiques du produit (RCP) de ces vaccins, disponible sur le site de la base de données publique des médicaments.

Les vaccins hexavalents peuvent être administrés avec les vaccins suivants :

  • vaccin pneumococcique polyosidique conjugué ;
  • vaccin rotavirus ;
  • vaccin rougeole-oreillons-rubéole ;
  • vaccin méningococcique C conjugué.

Lors de la co-administration avec le vaccin pneumococcique conjugué, il a été observé un taux de réactions fébriles supérieur à celui observé lors de l’administration du vaccin seul (Infanrix Hexa®), après la dose de rappel dans la 2e année de vie par rapport à celle administrée en primovaccination (Vaxelis®).

Les vaccins dTcaPolio peuvent être co-administrés avec les vaccins suivants :

Une tendance à une plus faible moyenne géométrique des titres (GMT) en anticorps anti-HPV a été observée dans le groupe recevant une administration concomitante. La signification clinique de cette observation n'est pas connue (Repevax®).

Clinique

Epidémiologie

Indications

Efficacité et impact

  • Position de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) concernant les vaccins anticoquelucheux. Weekly Epidemiological Record. 2015; 35: p. 433-460.
  • Olin P., Rasmussen F., Gustafsson L., Hallander HO, Heijbel H. Randomised controlled trial of 2-component, 3-component, and 5-component acellular pertussis vaccines compared with whole-cell pertussis vaccine. Ad Hoc Group for the Study of Pertussis Vaccines. Lancet. 1997; 350: p. 1569-1577.
  • Zhang L., Prietsch S., Axelsson I., Halperin S.A. Acellular vaccines for preventing whooping cough in children. The Cochrane database of systematic reviews. 2014; 9: CD001478.
  • Van Twillert I., Han W.G., van Els C.A. Waning and aging of cellular immunity to Bordetella pertussis. Pathogens Disease. 2015; 73(8): ftv071
  • Ward J.I., Cherry J.D., Chang S.J., Partridge S., Lee H., Treanor J., et al. Efficacy of an acellular pertussis vaccine among adolescents and adults. New England Journal of Medicine. 2005; 353(15): p. 1555-1563.
  • Nilsson L., Lepp T., von Segebaden K., Gustafsson L. Pertussis vaccination in infancy lowers the incidence of pertussis disease and the rate of hospitalisation after one and two doses: analyses of 10 years of pertussis surveillance. Vaccine. 2012; 30(21): p. 3239-47.
  • Quinn H.E., Snelling T.L., Macartney K.K., Mcintyre P.B. Duration of protection after first dose of acellular pertussis vaccine in infants. Pediatrics. 2014; 133(3): e513-9.
  • Klein N.P., Bartlett J., Rowhani-Rahbar A., Fireman B., Baxter R. Waning protection after fifth dose of acellular pertussis vaccine in children. New England Journal of Medicine. 2012; 367(11): p. 1012-1019.
  • Centre national de référence de la coqueluche et autres Bordetelloses. Rapport d’activité 2017. Paris : Centre National de Référence de la Coqueluche et autres Bordetelloses, 2017 : 29 p.

Effets indésirables

  • Geier D.A., Geier M.R. An evaluation of serious neurological disorders following immunization: a comparison of whole-cell pertussis and acellular pertussis vaccines. Brain and Developement. 2004; 26(5): p. 296-300.
  • Rennels M.B. Extensive swelling reactions occurring after booster doses of diphtheria-tetanus-acellular pertussis vaccines. Seminars in Pediatric Infectious Diseases. 2003; 14(3): p. 196-198.