Encéphalite japonaise

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L’encéphalite japonaise (EJ) est une arbovirose du Sud-Est asiatique et de l’Extrême-Orient, qui s’étend actuellement vers l’ensemble du sous-continent indien et au sud, vers les îles du Pacifique. C’est une des principales causes d’encéphalite virale en Asie : on dénombre plus de 50000 cas annuels, avec une létalité élevée et de nombreuses séquelles neurologiques et psychiatriques.
La maladie affecte principalement les enfants en Asie du Sud-Est, en particulier dans les zones rurales (rizières et élevages de porcins), et plus rarement des voyageurs qui se rendent sur ce continent (moins de trente cas bien documentés depuis vingt ans).
La vaccination contre l’encéphalite japonaise n’est donc pas recommandée systématiquement pour tous les voyages en Asie ou en Océanie. Elle est toutefois recommandée aux personnes âgées de 2 mois et plus, en cas de séjour en milieu rural d’une région endémique (avec exposition importante) et en cas d’expatriation dans un pays situé dans la zone de circulation du virus (cf. plus bas pour détail).
L’encéphalite japonaise est due à un Flavivirus. Le principal vecteur de cette arbovirose est Culex tritaeniorhynchus. Ce moustique a son pic d’activité au crépuscule et à l’aube, et reste actif toute la nuit. Il se trouve plutôt à l’extérieur qu’à l’intérieur des habitations et pique de préférence les mammifères non humains. Ses larves se développent dans des eaux stagnantes, en particulier dans les rizières. Le réservoir est constitué par des oiseaux sauvages (ardéidés comme l’aigrette ou le héron). Le porc est le principal hôte amplificateur. Il n’y a pas de transmission interhumaine du virus de l’encéphalite japonaise.

Clinique

L’encéphalite japonaise est une maladie infectieuse grave à tropisme neurologique, due à un Flavivirus.

Elle est caractérisée par la triade fièvre élevée–céphalées–conscience altérée. Elle atteint surtout les enfants et, dans une moindre mesure, les personnes âgées dans les zones endémiques.
L’incubation est de quatre à quatorze jours (sept en moyenne). Le début est brutal, souvent marqué par des douleurs abdominales et des nausées, dans un contexte fébrile. Des symptômes neurologiques apparaissent secondairement, avec un spectre clinique s’étendant de la méningite à l’encéphalite et aux paralysies flasques aiguës. Il n’existe aucun traitement spécifique de l’encéphalite japonaise. La mortalité des infections apparentes peut atteindre 50% dans les zones rurales et est liée en partie à la difficulté d’accès aux soins dans les zones endémiques ; le risque de séquelles neurologiques et/ou psychiatriques est également élevé : jusqu’à 30% chez les enfants et les personnes âgées, qui présentent les formes les plus graves.

Les formes asymptomatiques sont fréquentes : il se produit en moyenne 1 cas neurologique pour 250 infections.

Diagnostic biologique

Le diagnostic sérologique nécessite deux sérums (prélevés l’un au début de la maladie et le second au cours de la convalescence, deux ou trois semaines plus tard) permettant de mettre en évidence une conversion sérologique ou une montée significative du titre des anticorps (quatre fois le titre initial). En raison de possibles faux positifs chez les personnes antérieurement infectées par un autre Flavivirus (e.g. dengue, fièvre jaune, zika, encéphalite à tiques), le diagnostic sérologique doit être confirmé par séroneutralisation. Un diagnostic direct est possible dans les premiers jours de la maladie par biologie moléculaire sur le sang ou le LCS.

Épidémiologie/couverture vaccinale

La maladie, initialement limitée à l’Asie de l’Est, du Sud-Est et au sous-continent indien, s’étend maintenant jusqu’à la Papouasie-Nouvelle-Guinée et à l’extrême nord de l’Australie. L’encéphalite japonaise est présente surtout dans les régions rurales agricoles. Selon les régions, la transmission est pérenne ou limitée à la saison des pluies qui s’étend d’avril-mai à septembre-octobre (voir la figure ci-dessous).

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La maladie est endémique dans les régions tropicales du sud de l’Asie, où la transmission est maximale pendant la saison des pluies. La transmission peut se produire toute l’année dans les régions tropicales.

L’encéphalite japonaise peut frapper des personnes de tous les groupes d’âge, mais les enfants de moins de 15 ans sont les plus affectés : ce sont eux, ainsi que les personnes âgées, qui présentent les formes les plus graves.

La maladie est rare chez les voyageurs. Le risque estimé d’infection pour le voyageur non immunisé en zone d’endémie varie de 1/20000 à 1/5000 par semaine de séjour, suivant certaines circonstances qui augmentent le risque (saison des pluies, période d’irrigation des rizières, etc.). Trente-quatre cas ont été rapportés entre 1978 et 2007 chez des Occidentaux. Le Center for Disease Control (CDC) a revu les cas d’encéphalite japonaise survenus chez les voyageurs et les expatriés pendant la période 1978-1992. Parmi les 24 cas décrits, le suivi est connu chez 15 patients : 6 sont décédés, 5 sont restés handicapés et 4 ont guéri sans séquelles. Deux des 24 cas seulement étaient des touristes, les 22 autres étaient des résidents permanents (chercheurs, humanitaires, militaires).

Les données recueillies dans la perspective de la vaccination systématique montrent des pics d’incidence présumée de 5 à 21 pour 100000 habitants avant l’introduction du vaccin. Le nombre de cas annuels d’encéphalite japonaise en Asie est estimé à environ 50000 (vraisemblablement sous-évalué), entraînant 15000 décès par an. Des séquelles neurologiques ou psychiatriques sont retrouvées chez 30% des survivants. Des études à 15 ans montrent une amélioration chez les enfants en Inde et en Thaïlande.

Le vaccin contre l'encéphalite japonaise

RECOMMANDATIONS

La maladie est rare chez les voyageurs. La vaccination contre l’encéphalite japonaise n’est donc pas recommandée systématiquement pour tous les voyages en Asie ou en Océanie. Elle est toutefois recommandée aux personnes âgées de 2 mois et plus en cas :

  • de séjour en milieu rural (quelle qu’en soit la durée) dans une région endémique avec exposition importante (plus particulièrement dans les zones rurales où l’irrigation par inondation est pratiquée (rizières), à proximité d’élevages de porcs, en période d’épidémie (ou de circulation accrue du virus chez l’animal). Les situations suivantes sont considérées à risque : nuits passées à la belle étoile sans moustiquaire, camping, travail à l’extérieur, cyclisme, randonnées, etc.) ;
  • d’expatriation dans un pays situé dans la zone de circulation du virus ;
  • toute autre situation jugée à risque par le médecin.

Il est important de rappeler à tous les voyageurs de prendre des mesures individuelles de protection contre les piqûres de moustiques (vêtements couvrants imprégnés d’insecticide, moustiquaires, répulsifs cutanés – voir tableau ci-dessous).

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SCHÉMA VACCINAL

Une dose de rappel sera administrée si une nouvelle exposition éventuelle au virus de l’encéphalite japonaise est prévue (un nouveau voyage par exemple) ou chez les personnes à risque continu d’infection par le virus de l’encéphalite japonaise (personnel de laboratoire ou personnes résidant dans une zone endémique).

Le vaccin ne peut être administré avant le 2ème mois de vie.

Enfants

Enfants âgés de 2 mois à moins de 3 ans : 

  • 2 doses de 0,25 ml espacées de quatre semaines (J0 et J28) ;
  • 1 dose de rappel (0.25ml) 12 à 24 mois après la primovaccination (12 mois en cas d’exposition continue au risque infectieux).

Enfants et adolescents de 3 à 18 ans :

  • 2 doses de 0,5 ml espacées de quatre semaines (J0 et J28) ;
  • 1 dose de rappel (0,5 ml) 12 à 24 mois après la primovaccination (12 mois en cas d’exposition continue au risque infectieux).

Pas de donnée de séroprotection à long terme.

Adultes

Adultes de 18 à 65 ans : 

  • 2 doses de 0,5 ml espacées de 4 semaines (J0, J28) ;
  • 1 dose de rappel 12 à 24 mois après la primovaccination (12 mois en cas d’exposition continue au risque infectieux).
  • Les données de séroprotection à long terme suggèrent qu’une 2ème dose de rappel est à envisager 10 ans plus tard, en cas de nouvelle exposition au risque infectieux.

En cas de départ imminent pour une zone à risque, il est possible, chez l’adulte (18-65 ans) uniquement, d’appliquer un « schéma de vaccination accéléré » en 2 injections de 0,5 ml espacées d’une semaine (J0, J7).

Adultes de plus de 65 ans : 

  • 2 doses de 0,5 ml espacées de 4 semaines (J0, J28).
  • La réponse immunitaire étant plus faible dans cette tranche d’âge, il est préférable de ne pas attendre douze mois pour effectuer la dose de rappel, en cas de nouvelle exposition au risque infectieux. Pas de données de séroprotection à long terme.

Chez les sujets n’ayant reçu qu’une seule dose en primo-vaccination, une protection totale contre la maladie pourrait ne pas être obtenue. Certaines données montrent, après une seconde injection administrée jusqu'à 11 mois après la première, des taux élevés de séroconversion.

Il est recommandé aux personnes ayant reçu une 1ère dose d'Ixiaro® de terminer le schéma de primo-vaccination en 2 doses avec Ixiaro®. Si le schéma vaccinal complet ne peut pas être réalisé en France avant le départ, il convient de s’assurer de la disponibilité de ce vaccin dans le pays de destination.

L’immunogénicité a été évaluée dans un essai de phase III, conduite chez 867 adultes qui recevaient soit 2 doses d’Ixiaro® administrées à vingt-huit jours d’intervalle, soit 3 doses de vaccin homologué aux États-Unis Jevax® (administrées les jours 0, 7 et 28). Au jour 56, la proportion de sujets ayant présenté une séroconversion (titre des anticorps anti-VEJ > 1 :10) était similaire dans les deux groupes (96,4% vs 93,8% pour Ixiaro® et Jevax® respectivement). La moyenne géométrique des titres d’anticorps neutralisants (MGT) était augmentée d’un facteur 2 dans le groupe Ixiaro® par rapport au groupe Jevax®.

La persistance des anticorps a été évaluée jusqu’à trente-six mois suivant la primovaccination. La baisse de la MGT observée est celle attendue et comparable aux données observées avec d’autres vaccins inactivés contre l’encéphalite japonaise. Un bon effet rappel a été observé après administration d’une dose de rappel onze à vingt-trois mois après primovaccination.

L’immunogénicité d’Ixiaro® administré selon un schéma de vaccination rapide, a été évaluée chez un total de 217 sujets âgés de 18 à 65 ans ayant reçu une dose d’Ixiaro® avec un vaccin rabique inactivé (Rabipur®) le jour 0 et le jour 7 selon un schéma de vaccination rapide et 56 sujets ont reçu une dose d’Ixiaro® seule le jour 0 et le jour 28 selon le schéma d’immunisation conventionnel. La proportion de sujets ayant présenté une séroconversion à 7 et 28 jours après la dernière immunisation était similaire dans les deux schémas. Les taux de séroconversion et les titres d’anticorps sont également restés élevés de manière comparable jusqu’à 12 mois après la première immunisation dans ces deux schémas.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les études montrent des diminutions significatives du nombre de personnes atteintes d’encéphalite japonaise dans les pays de circulation du virus où les programmes de vaccination sont mis en œuvre, ainsi que des modifications des pratiques d’élevage et une augmentation de l’urbanisation.

Le vaccin de l’encéphalite japonaise Ixiaro® a obtenu une autorisation de mise sur le marché européenne le 31 mars 2009. Ce vaccin est préparé à partir de la souche SA14-14-2 du virus de l’encéphalite japonaise, cultivée sur lignée cellulaire Vero. Le virus est inactivé par formaldéhyde et adsorbé sur hydroxyde d’alumine.

Nom commercial*

Ixiaro®

Maladies
concernées

Encéphalite japonaise

Type de vaccin Monovalent
Pour qui ? Nourrissons à partir de 2 mois, enfants, adolescents et adultes
Remboursement** Non pris en charge par l’assurance maladie**
Nom
commercial*
Maladies
concernées
Type
de vaccin
Pour qui ? Remboursement

Ixiaro®

Encéphalite japonaise

Monovalent Nourrissons à partir de 2 mois, enfants, adolescents et adultes Non pris en charge par l’assurance maladie**

*Cliquer sur le nom du vaccin pour obtenir plus d’informations.

**Certaines complémentaires-santé (mutuelles) proposent des formules comprenant le remboursement des vaccins destinés aux voyageurs.

Il convient de se référer au résumé des caractéristiques du produit (RCP) de ce vaccin, disponible sur le site de la base de données publique des médicaments, pour connaître l’ensemble des contre-indications.

Les contre-indications sont celles habituelles des vaccins : hypersensibilité à la substance active, à l’un des excipients ou à l’un des résidus présents (par exemple, le sulfate de protamine).

La 2ème dose du vaccin ne doit pas être administrée aux sujets ayant présenté des réactions d’hypersensibilité après l’administration de la 1ère dose.

L’administration du vaccin doit être différée chez les patients présentant une affection fébrile aiguë sévère.

Il convient de se référer au résumé des caractéristiques du produit (RCP) de ce vaccin, disponible sur le site de la base de données publique des médicaments, pour connaître l’ensemble des effets indésirables.

La sécurité du vaccin a été évaluée dans différentes études cliniques contrôlées et non contrôlées menée chez plus de 6000 sujets sains âgés de 2 mois et plus.

Les effets indésirables, généralement bénins et transitoires, rapportés au décours de l’administration d’Ixiaro® surviennent habituellement dans les trois premiers jours suivant la vaccination. Ils concernent :

  • Chez les enfants d’âge compris entre 2 mois et moins de 3 ans : des réactions au site d’injection (10-20% de sujets vaccinés) à type de rougeur, douleur et/ou sensibilité mais également des fièvres (20%), irritabilité (5-15%) et/ou diarrhée (environ 10%) ;
  • Chez les sujets d’âge compris entre 3 ans et moins de 18 ans : une douleur (5-15%) et/ou sensibilité (5-10%) au point d’injection et des réactions systémiques (de l’ordre de 15%) parmi lesquelles fièvre, céphalée et/ou myalgie prédominent ;
  • Chez les adultes : des réactions locales (50%) dont essentiellement douleur et/ou sensibilité et des réactions d’ordre général (40%) avec majoritairement des céphalées, myalgies, syndromes pseudo-grippaux et/ou fatigue ;
  • Chez les personnes âgées : parmi les réactions au site d’injection prédominent des douleurs, sensibilités et/ou rougeurs (10 à 25%) et des réactions systémiques surtout à type de céphalées (20%) et myalgies (10%).

Les effets indésirables doivent être déclarés au centre régional de pharmacovigilance correspondant au lieu d’exercice du médecin traitant/spécialiste du patient.

Depuis le 13 mars 2017, les professionnels de santé ou les usagers peuvent également signaler, en quelques clics, aux autorités sanitaires tout événement indésirable sur le site signalement-sante.gouv.fr, dont les effets indésirables, incidents ou risques d'incidents liés aux produits de santé.

Cette vaccination est proposée dans les centres de vaccinations internationales. Dans ce cas, la prescription, la délivrance du vaccin et la vaccination s’effectuent sur place.

La vaccination contre l’encéphalite japonaise peut également être prescrite et réalisée par un médecin de ville.

Le vaccin est disponible en pharmacie et doit être conservé au réfrigérateur entre + 2° C et + 8° C. Il ne doit pas être congelé.

Cette vaccination n’est pas prise en charge par l’Assurance maladie. Les complémentaires-santé (mutuelles) peuvent éventuellement prendre en charge tout ou une partie des frais si le contrat souscrit le prévoit.

Le vaccin est le plus souvent administré par voie intramusculaire.

À savoir
Afin de savoir s’il existe des difficultés d’approvisionnement de vaccins consultez la rubrique dédiée sur le site Internet de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé  (ANSM).

Administration avec d’autres vaccins

Le vaccin contre l'encéphalite japonaise ne peut être administré avec le vaccin contre la rage et celui contre l’hépatite A au cours d’une même consultation.

Recommandations

Vaccin

Effets indésirables