Poliomyélite

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En 2018, sur les six régions OMS, quatre ont éliminé la poliomyélite. Les deux régions n’ayant pas obtenu l’élimination sont l’Afrique et la Méditerranée orientale avec respectivement le Nigéria, l’Afghanistan et le Pakistan encore endémiques. Dans le cadre de la phase finale d’éradication de la maladie, il est indispensable de maintenir une couverture vaccinale élevée.
Le caractère obligatoire de cette vaccination a été maintenu chez tous les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018.
Les trois types de poliovirus responsables de la maladie (sérotypes 1, 2 et 3) appartiennent au genre des entérovirus. Le réservoir est humain, constitué par les personnes infectées, le plus souvent de façon inapparente.
La transmission se fait soit directement par contact avec les matières fécales ou les sécrétions pharyngées d’une personne infectée, soit indirectement par ingestion de produits souillés, le virus pouvant résister plusieurs semaines dans le milieu extérieur.

Clinique

Après ingestion, les poliovirus se multiplient au niveau du tractus gastro-intestinal, gagnent le système lymphatique et peuvent passer dans le sang ; chez un petit nombre d’individus, après cette phase de virémie, les virus peuvent gagner les tissus nerveux (cornes antérieures de la moelle, cerveau, etc.) et provoquer des lésions irréversibles.

La durée d’incubation varie de trois à vingt et un jours. La période la plus contagieuse s’étend de sept à dix jours avant et après l’apparition des symptômes. Les virus peuvent être isolés dans les selles pendant six semaines ou plus.

L’infection peut être pratiquement inapparente ou se traduire par un train fébrile, une sensation de malaise, des céphalées, des troubles gastro-intestinaux, une raideur de la nuque et du dos avec ou sans paralysie. Les paralysies sont d’extension très variable, touchant un muscle, un membre, entraînant une paralysie généralisée avec des troubles respiratoires, pouvant mettre en jeu le pronostic vital ou être à l’origine de handicaps parfois très lourds.

En l’absence de politique vaccinale, le taux d’attaque dans les foyers comprenant de jeunes enfants peut atteindre 100%. La proportion des infections qui évoluent vers des formes paralytiques est de l’ordre de 1/1000 chez le petit enfant et de 1/75 chez l’adulte, selon le type de virus en cause et les conditions socio-économiques.

Le diagnostic virologique est essentiellement direct ; on recherche les virus à partir de prélèvements de selles et rhinopharyngés, parfois du LCR (mais la ponction est déconseillée en cas de suspicion). La culture est pratiquée sur au moins deux systèmes cellulaires (fibroblastes embryonnaires humains et cellules de primates en lignée continue).

Le résultat peut être rapide ; l’effet cytopathogène caractéristique apparaît entre un à six jours. La neutralisation de celui-ci à l’aide de pool d’antisérums (1+2+3) et de sérums monovalents permet de confirmer le diagnostic de poliovirus et se fait dans le centre national de référence (CNR). On procède alors à la confirmation du diagnostic du poliovirus et de son type, puis à une étude intratypique, afin de différencier les souches sauvages neuro-virulentes et vaccinales.

On peut également utiliser la PCR pour faire un diagnostic séquentiel d’entérovirus, puis de poliovirus. Le titrage des anticorps sur deux échantillons de sérums – l’un prélevé le plus tôt possible, le second deux à trois semaines plus tard – peut permettre d’observer une séroconversion mais, assez souvent, le titre des anticorps « neutralisants » dans le premier sérum est déjà élevé et l’interprétation de la sérologie à des fins de diagnostic est limitée. L’isolement viral reste la référence, il permet d’établir des comparaisons et des filiations entre souches.

Epidémiologie

En 2013, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé un plan stratégique pour l’éradication de la poliomyélite (plan OMS 2013-2018).

Ce plan porte sur l’éradication de toutes les formes de poliomyélite (qu’elles soient causées par le poliovirus sauvage ou des poliovirus dérivés d’une souche vaccinale). Il a pour objectifs principaux : la détection du poliovirus et l’interruption de toute transmission, le renforcement des systèmes de vaccination et le retrait progressif du vaccin antipoliomyélitique oral, ainsi que le confinement du poliovirus en laboratoire, aboutissant à la certification de l’interruption de sa transmission.

En 2018, sur les six régions OMS, quatre ont éliminé la poliomyélite. Les deux régions n’ayant pas obtenu l’élimination sont l’Afrique et la Méditerranée orientale avec respectivement le Nigéria, l’Afghanistan et le Pakistan encore endémiques. La surveillance de la circulation des virus de la poliomyélite est étendue à l’identification de virus dérivés du poliovirus vaccinal, comme le montre la carte ci-dessous. Les derniers poliovirus sauvages de type 2 ont été identifiés en 1999. Depuis 2016, pour les pays utilisant le vaccin polio oral (VPO) dans leur programme de vaccination, l’OMS préconise le remplacement du vaccin trivalent par le bivalent dirigé contre les types 1 et 3, éliminant du même coup tout risque de circulation d’un poliovirus dérivé du poliovirus vaccinal ayant repris de la virulence.

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Le risque pour les pays ayant éliminé la maladie est l’importation de virus à partir de ces trois pays, avec un risque de rétablissement de la transmission du virus sauvage, soit une circulation persistante du virus pendant plus d’un an. Dans la région Europe de l’OMS, où l’on observait en moyenne deux cents cas par an dans les années quatre-vingt-dix, quelques épidémies sont survenues en 1992-1993 aux Pays-Bas, dans une communauté religieuse refusant les vaccinations et, en 1995-1996, en Albanie. À la suite de la mise en œuvre de journées régionales de vaccination, sept cas seulement ont été rapportés en 1997 pour l’ensemble de la région, et vingt-six en 1998, tous en Turquie. Aucun cas n’a été déclaré en 1999, mais en 2000, deux cas importés sont survenus en Bulgarie. L’élimination de la poliomyélite de la région Europe a été prononcée le 21 juin 2002.

Situation en France

En France, la surveillance de la poliomyélite repose sur la déclaration obligatoire (DO) depuis 1936. La définition des cas est la suivante : poliomyélite aiguë, quelle qu’en soit la forme clinique, mais aussi tout isolement au laboratoire d’un poliovirus sauvage ou dérivé d’une souche vaccinale.

Tout cas suspect de poliomyélite doit être signalé en urgence à l’agence régionale de santé (ARS) (comment déclarer la maladie, cliquer ici). L’enquête épidémiologique comporte la confirmation du diagnostic, la recherche du virus (dans les selles) et le diagnostic sérologique, la recherche des sujets contacts, la recherche du virus dans le milieu extérieur si possible. Les mesures de vaccination qui s’imposent pour limiter la diffusion doivent être immédiatement mises en place.

Ainsi, entre 1977 et 1989, 109 cas de poliomyélite ont été déclarés. Onze cas étaient associés au vaccin oral, dont 6 après la première dose (le dernier cas vaccinal est survenu en 1986, et le vaccin oral n’est plus utilisé en France depuis 1992).

Durant la période 1977-1984, on notait une prédominance de la maladie chez les enfants de moins de 5 ans (65%). Au cours des années 1985-1997, les cas survenaient plus fréquemment chez l’adulte (43% versus 19% au cours des années 1977-1984). La fréquence des cas dus au sérotype 1 tendait à diminuer au profit du sérotype 3.

Le dernier cas de poliomyélite autochtone remonte à 1989 et le dernier cas importé en 1995, tous deux concernant des adultes.

Renforcement de la surveillance des entérovirus

Depuis janvier 2000, un renforcement de la surveillance a été mis en place grâce au Réseau de surveillance des entérovirus (RSE). Depuis sa mise en place, aucun poliovirus sauvage n’a été retrouvé, et des poliovirus vaccinaux ont pu être détectés chez des enfants ou des nourrissons venant ou ayant séjourné dans un pays où se pratique la vaccination per os. En 2006, il a permis de détecter de façon fortuite un poliovirus 2 dérivé du poliovirus vaccinal Sabin, chez un enfant de 11 mois ne présentant aucun signe clinique de poliomyélite, mais qui avait été transféré depuis Tunis pour une greffe de moelle (contexte de déficit immunitaire). L’absence de reprise de virulence de la souche a été mise en évidence par le CNR, et confirmée par le Centre européen OMS de la poliomyélite. Aucun autre cas de ce type n’a été détecté depuis cette date.

Couverture vaccinale

En France, la couverture vaccinale chez l’enfant de 2 ans est pour la primovaccination de 98,9% et pour le rappel de 96,7%.

Le vaccin contre La Poliomyélite

RECOMMANDATIONS GÉNÉRALES

Le vaccin inactivé a été introduit dans le calendrier vaccinal français en 1958, et le vaccin oral en 1962. La vaccination a été rendue obligatoire en juillet 1964. Les deux vaccins ont été utilisés avec une prédominance pour le vaccin oral au cours des années soixante-dix. Depuis 1982, année durant laquelle plusieurs cas de poliomyélite liés à la vaccination orale ont été déclarés, le vaccin inactivé a été recommandé par la direction générale de la Santé pour éviter les accidents paralytiques. L’utilisation du vaccin oral est réservée aux situations épidémiques et il n’est plus disponible pour la vaccination de routine.

La primovaccination des nourrissons est obligatoire avec une dose à 2 et 4 mois et un rappel à 11 mois. Les rappels de l’enfant et de l’adulte sont nécessaires tout au long de la vie.

Les personnes nées avant 1934 peuvent ne pas avoir été vaccinées et aucune occasion ne doit être manquée de les vacciner au cours de leur vie adulte avec le vaccin inactivé.

RECOMMANDATIONS CHEZ LES VOYAGEURS

Une mise à jour des vaccinations contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite est indispensable pour tous les voyageurs à destination de zones d’endémicité.

RECOMMANDATIONS PROFESSIONNELLES

L’article L. 3111-4 du code de la santé publique prévoit l’obligation d’immunisation contre la poliomyélite – tout comme contre l’hépatite B, la diphtérie, le tétanos – de certaines catégories professionnelles :

  • tout élève ou étudiant d’un établissement préparant à l’exercice de certaines professions médicales ou paramédicales. La liste des filières de formation concernées est fixée par l’arrêté du 6 mars 2007 ;
  • les personnels exposés exerçant une activité dans des établissements ou organismes publics ou privés de prévention ou de soins listés par l’arrêté du 15 mars 1991 (modifié par arrêté le 29 mars 2005). Le médecin du travail apprécie individuellement l’exposition au risque de contamination des personnels concernés en fonction des caractéristiques du poste occupé et évalue, au cas par cas, l’indication de l’obligation vaccinale [arrêté du 2 août 2013].

Professionnels concernés par les rappels obligatoires du vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP).

Professionnels concernés

Vaccination diphtérie, tétanos, poliomyélite (DTP)

Étudiants des professions médicales, paramédicales ou pharmaceutiques.

Obligatoire

Professionnels des établissements ou organismes de prévention et/ou de soins* dont les services communaux d’hygiène publique.

Obligatoire

Personnels des laboratoires d’analyses médicales exposés au risque de contamination : manipulant du matériel contaminé ou susceptible de l'être.

Obligatoire

Personnels de laboratoire exposés au virus de la fièvre jaune.

Obligatoire

Personnels des entreprises sanitaires.

Obligatoire

Personnels des services de secours et d’incendie (SDIS).

Obligatoire

Personnels des entreprises de pompes funèbres, des entreprises de transports de corps avant mise en bière, en lien avec des établissements de prévention ou de soins.

Obligatoire

Personnels des établissements et services pour l’enfance et la jeunesse handicapée.

Obligatoire

Personnels des établissements et services d’hébergement pour adultes handicapés.

Obligatoire

Personnels des établissements et services d’hébergement pour personnes âgées.

Obligatoire

Personnels des services de maintien à domicile pour personnes âgées.

Obligatoire

Personnels des établissements de garde d’enfants d’âge préscolaire (crèches, haltes-garderies, etc.).

Obligatoire

Personnels des établissements et services sociaux concourant à la protection de l’enfance (dont les pouponnières).

Obligatoire

Personnels des blanchisseries en lien avec des établissements.

Obligatoire

* Arrêté du 15 mars 1991 modifié par arrêté le 29 mars 2005.

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RECOMMANDATIONS EN CAS D’ÉPIDÉMIE

Après un cas ou une suspicion de cas de poliomyélite à virus sauvage, la mise à jour du statut vaccinal à l’aide du vaccin inactivé doit être réalisée pour toutes les personnes vivant dans l’entourage. La vaccination complète doit être administrée aux personnes jamais vaccinées ou dont le statut est inconnu.

SCHÉMA DE VACCINATION

Nourrissons et enfants (jusqu’à 13 ans)

  • Primovaccination avec 2 doses à l’âge de 2 mois, 4 mois, suivies d’un rappel à 11 mois (3 doses).
  • Rappels à 6 ans et entre 11 et 13 ans (1 dose).

Adultes (20 à 65 ans)

  • Rappel à 25 ans : 1 dose.
  • Rappel à 45 ans : 1 dose.

Séniors (à partir de 65 ans) 

  • Rappel à 65 ans : 1 dose, puis un rappel tous les dix ans.

Après administration du vaccin inactivé, les anticorps neutralisants sériques apparaissent dès la deuxième injection et persistent au moins cinq ans après le premier rappel. Après administration du vaccin vivant atténué, l’immunité sérique et intestinale locale apparaît dès la première dose et est complétée par les doses suivantes.

L’efficacité protectrice du vaccin inactivé dans sa version initiale a été démontrée dans un essai contrôlé mené par Thomas Francis, aux États-Unis, en 1955 : 400000 enfants avaient reçu par tirage au sort soit un vaccin, soit un placebo ; 71 cas de paralysies poliomyélitiques ont été observés dans le groupe vacciné, contre 445 dans le groupe témoin non vacciné. L’efficacité calculée du vaccin était comprise entre 80 et 90%. Cette efficacité a été confirmée par des travaux ultérieurs.

Depuis l’introduction de la vaccination contre la poliomyélite dans le calendrier vaccinal français (1958 pour le vaccin inactivé de Salk ou Lépine et 1962 pour le vaccin oral de Sabin) et son caractère obligatoire en juillet 1964, le nombre de cas a considérablement diminué. Le dernier cas de poliomyélite autochtone remonte à 1989 et le dernier cas importé à 1995 (voir figure ci-dessous).

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Le vaccin simple

Le vaccin inactivé poliomyélitique (Salk) est commercialisé sous le nom d’Imovax Polio®. Il est préparé à partir des trois types de virus poliomyélitiques, cultivés sur lignée cellulaire continue Vero et inactivés par le formaldéhyde.

La composition pour une dose de 0,5 ml est la suivante : 40 unités d’antigène D pour le type 1, 8 unités pour le type 2 et 32 unités pour le type 3.

Le vaccin poliomyélitique atténué oral (Sabin) n’est plus disponible en France.

Les vaccins combinés

Le vaccin poliomyélitique inactivé est préparé à partir des trois types de virus poliomyélitiques, cultivés sur lignée cellulaire continue Vero et inactivés par le formaldéhyde.

La composition pour une dose de 0,5 ml est la suivante : 40 unités d’antigène D pour le type 1, 8 unités pour le type 2 et 32 unités pour le type 3.

Les combinaisons du vaccin poliomyélitique inactivé comprennent : Infanrix Hexa®, Hexyon®, Vaxelis® (6 valences) ; Infanrix Quinta®, Pentavac® (5 valences) ; Infanrix Tetra®, Tetravac acellulaire®, Repevax®, Boostrixtetra® (4 valences) ; Revaxis® (3 valences).

Nom commercial*

Hexyon® Infanrix Hexa® Vaxelis®

Maladies
concernées

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche, Méningites à Haemophilus influenzae b, Hépatite B

Type de vaccin Hexavalent
Pour qui ? Nourrissons
Remboursement** Pris en charge à 65 % par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Infanrix Quinta® Pentavac®

Maladies
concernées

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche, Méningites à Haemophilus influenzae b

Type de vaccin Pentavalent
Pour qui ? Nourrissons
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Tetravac-acellulaire®

Maladies
concernées

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Type de vaccin Tétravalent
Pour qui ? Nourrissons, enfants
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Infanrix Tetra®

Maladies
concernées

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Type de vaccin Tétravalent
Pour qui ? Enfants
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Boostrixtetra® Repevax®

Maladies
concernées

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Type de vaccin Tétravalent
Pour qui ? Enfants, adolescents, adultes
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Revaxis®

Maladies
concernées

Diphtérie, Poliomyélite, Tétanos

Type de vaccin Trivalent
Pour qui ? Adultes
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Imovax Polio®

Maladies
concernées

Poliomyélite

Type de vaccin Monovalent
Pour qui ? Nourrissons, enfants, adultes
Remboursement** Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**
Nom
commercial*
Maladies
concernées
Type
de vaccin
Pour qui ? Remboursement

Hexyon® Infanrix Hexa® Vaxelis®

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche, Méningites à Haemophilus influenzae b, Hépatite B

Hexavalent Nourrissons Pris en charge à 65 % par l’assurance maladie**

Infanrix Quinta® Pentavac®

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche, Méningites à Haemophilus influenzae b

Pentavalent Nourrissons Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**

Tetravac-acellulaire®

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Tétravalent Nourrissons, enfants Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**

Infanrix Tetra®

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Tétravalent Enfants Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**

Boostrixtetra® Repevax®

Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite, Coqueluche

Tétravalent Enfants, adolescents, adultes Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**

Revaxis®

Diphtérie, Poliomyélite, Tétanos

Trivalent Adultes Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**

Imovax Polio®

Poliomyélite

Monovalent Nourrissons, enfants, adultes Pris en charge à 65% par l’assurance maladie**

* Cliquer sur le nom du vaccin pour obtenir son prix et plus d’informations.

** Le montant restant est généralement remboursé par les complémentaires-santé (mutuelles).

Il convient de se référer au résumé des caractéristiques du produit (RCP) de ce vaccin, disponible sur le site de la base de données publique des médicaments, pour connaître l’ensemble des contre-indications.

Vaccin inactivé simple

Le vaccin inactivé simple est contre-indiqué en cas d’hypersensibilité à l’un de ses composants, à l’un des excipients, aux antibiotiques présents à l’état de traces (néomycine, streptomycine et polymyxine B).

Vaccin combiné

Le vaccin combiné est contre-indiqué chez les personnes ayant présenté :

  • une réaction d’hypersensibilité connue à l’un des antigènes vaccinaux contenus dans les vaccins combinés ;
  • une hypersensibilité à l’un de ses composants ou à des résidus à l’état de traces, tels que la néomycine, la polymyxine, la streptomycine ou le formaldéhyde ;
  • une encéphalopathie d’étiologie inconnue, qui serait survenue dans les sept jours suivant une vaccination antérieure par un vaccin contenant la valence coquelucheuse.

Des antécédents de convulsions fébriles non liées à une injection vaccinale antérieure, qu’ils soient personnels ou familiaux, ne contre-indiquent pas la vaccination.

Les vaccins dTcaPolio ne sont pas contre-indiqués chez la femme qui allaite. L’effet de leur administration pendant l’allaitement n’a pas été évalué. Toutefois, il est précisé dans leur résumé des caractéristiques du produit (RCP) : « Étant donné que le vaccin dTcaPolio contient des anatoxines ou des antigènes inactivés, aucun risque pour l’enfant allaité ne doit être attendu. Les bénéfices comparés au risque d’administrer le vaccin dTcaPolio aux femmes qui allaitent doivent être évalués par les professionnels de santé ».

Mises en garde spéciales et précautions d’emploi

Si la survenue de l’un des événements suivants est chronologiquement liée à l’administration d’un vaccin contenant la valence coquelucheuse, la décision d’administrer d’autres doses de vaccin contenant la valence coquelucheuse doit être soigneusement évaluée :

  • fièvre supérieure ou égale à 40°C, dans les quarante-huit heures suivant la vaccination, sans autre cause identifiable ;
  • collapsus ou pseudo-état de choc (épisode d’hypotonie-hyporéactivité) dans les quarante-huit heures suivant la vaccination ;
  • cris persistants, inconsolables, d’une durée supérieure ou égale à trois heures, survenant dans les quarante-huit heures après la vaccination ;
  • convulsions avec ou sans fièvre, survenant dans les trois jours après la vaccination.

Toutefois, des études ont montré que la probabilité pour qu’une complication de ce type (épisode d’hypotonie-hyporéactivité, cris persistants, etc.) se reproduise après une nouvelle administration était faible.

Des antécédents de convulsions fébriles, des antécédents familiaux de convulsion ou de syndrome de mort inattendue du nourrisson (MIN) ne constituent pas une contre-indication à l’utilisation de ces vaccins. Les personnes ayant des antécédents de convulsions fébriles doivent être surveillées avec attention, des convulsions fébriles pouvant survenir dans les deux à trois jours suivant la vaccination.

La prescription d’antipyrétiques dans les quarante-huit heures suivant la vaccination est recommandée au cas par cas, pour améliorer le confort de l’enfant en cas de réaction douloureuse et/ou fébrile. Mais elle ne doit pas être prescrite systématiquement, les réponses immunes étant légèrement diminuées après ces traitements.

Le vaccin oral, qui n’est plus disponible en France mais encore utilisé dans de nombreux pays en particulier en développement, est contre-indiqué dans les situations suivantes :

  • hypersensibilité connue à l’un des composants du vaccin, à la néomycine, à la streptomycine et à la polymyxine B, ou en cas de réaction sévère à une administration antérieure d’un vaccin poliomyélitique oral ;
  • chez les patients souffrant de déficit immunitaire primaire ou secondaire à un traitement, une leucémie, un lymphome ou une maladie maligne avancée.

Les personnes présentant une infection par le virus d’immunodéficience humaine (VIH) asymptomatique doivent être vaccinées selon les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé.

Il convient de se référer à la notice de ce vaccin, disponible sur le site de la base de données publique des médicaments, pour connaître l’ensemble des effets indésirables.

Le vaccin poliomyélitique injectable est bien toléré. En effet, après injection de ce vaccin inactivé, les effets indésirables observés se limitent à des réactions locales mineures telles que douleur, érythème, induration ou œdème pouvant survenir dans les quarante-huit heures suivant l’injection et persister un ou deux jours. Leur incidence et leur sévérité peuvent être influencées par le site, la voie et le mode d’injection, le nombre d’injections préalablement reçues.

Après administration du vaccin atténué oral, une réversion du virus vaccinal ou un terrain immunodéprimé peut être à l’origine de la survenue exceptionnelle de paralysies chez le sujet vacciné (dans les trente jours suivant la vaccination) ou dans son entourage non vacciné (dans les soixante jours). En France, ce risque a été estimé à environ un cas sur 7,8 millions de doses distribuées chez le vacciné et un cas sur 5,5 millions de doses distribuées chez les contacts (surtout poliovirus de sérotype 3). Rappelons que le vaccin oral n’est plus disponible en France, mais qu’il est utilisé par l’Organisation mondiale de la santé dans les campagnes d’éradication de la poliomyélite. Ce vaccin ne contient plus de virus polio 2.

Les effets indésirables doivent être déclarés au centre régional de pharmacovigilance correspondant au lieu d’exercice du médecin traitant/spécialiste du patient.

Depuis le 13 mars 2017, les professionnels de santé ou les usagers peuvent également signaler, en quelques clics, aux autorités sanitaires tout événement indésirable sur le site signalement-sante.gouv.fr, dont les effets indésirables, incidents ou risques d'incidents liés aux produits de santé.

Le vaccin contenant la valence poliomyélite peut être prescrit par :

  • un médecin ;
  • une sage-femme pour les femmes, l’entourage des femmes enceintes et celui du nouveau-né jusqu'à ses 8 semaines.

Le vaccin est pris en charge à 65% par l’assurance maladie, le montant restant étant généralement remboursé par les complémentaires-santé (mutuelles).

Il est disponible en pharmacie et doit être conservé au réfrigérateur entre + 2°C et + 8°C. Il ne doit pas être congelé.

La vaccination peut être réalisée par un médecin, un infirmier sur prescription médicale ou une sage-femme, en libéral, à l’hôpital ou, pour les enfants jusqu’à 6 ans, en PMI. Elle peut également être réalisée dans un centre de vaccination public. Dans ce cas, la prescription, la délivrance du vaccin et la vaccination s’effectuent sur place.

L’injection du vaccin est prise en charge par l’assurance maladie et les complémentaires-santé dans les conditions habituelles.

Il n’y a pas d’avance de frais dans les centres de vaccination publics ou en PMI.

Le vaccin poliomyélitique inactivé simple est administré de préférence par voie intramusculaire à la dose de 0,5 ml. Les combinaisons sont administrées par voie intramusculaire.

À savoir
Afin de savoir s’il existe des difficultés d'approvisionnement de vaccins, consultez la rubrique dédiée sur le site Internet de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Administration avec d’autres vaccins

Il convient de se référer au résumé des caractéristiques du produit (RCP) de ces vaccins, disponible sur le site de la base de données publique des médicaments.

Les vaccins hexavalents peuvent être administrés avec les vaccins suivants :

  • pneumococcique polyosidique conjugué ;
  • rotavirus ;
  • rougeole-oreillons-rubéole ;
  • méningococcique C.

Lors de la co-administration avec le vaccin pneumococcique conjugué, il a été observé un taux de réactions fébriles supérieur à celui observé lors de l'administration du vaccin seul (Infanrix hexa®), après la dose de rappel dans la 2e année de vie par rapport à celle administrée en primovaccination (Vaxelis®).

Les vaccins dTcaPolio peuvent être administrés avec les vaccins suivants :

  • vaccin contre le Papillomavirus Humain (Boostrixtetra®, Repevax®) : une tendance à une plus faible moyenne géométrique des titres (GMT) en anticorps anti-HPV a été observée dans le groupe recevant une administration concomitante. La signification clinique de cette observation n'est pas connue (Repevax®) ;
  • vaccin contre la rougeole, oreillons, rubéole, varicelle (Boostrixtetra®) ;
  • vaccin anti-grippal inactivé, vaccin contre l'hépatite B (Repevax®).

Vaccins hexavalent et pentavalent : le vaccin Haemophilus influenzae b se présente sous forme de poudre (sauf Hexyon® et Vaxelis®). Le vaccin doit être reconstitué en injectant la suspension DTCaP +/- Hep B) dans le flacon de poudre.

Recommandations

Epidémiologie

Efficacité/impact