Patient présentant une hépatopathie

Envoyer par email

Séparez les adresses par des virgules

Publié le
Mis à jour le

Les progrès accomplis dans le domaine de l’immunologie permettent d’identifier des altérations subtiles de l’immunité associées à certaines maladies chroniques couramment présentes en patientèle de médecine générale, telles que l’insuffisance rénale, les hépatopathies, les maladies respiratoires chroniques, les cardiopathies et le diabète. Les infections sont plus fréquentes et souvent plus sévères chez les patients qui en sont atteints.

Dès lors, il est important d’essayer, dans cette population, de prévenir les infections ou au moins d’en amoindrir la sévérité. La vaccination fait partie des mesures prophylactiques disponibles et s’avère essentielle chez ces patients. Il est donc capital que le professionnel connaisse les recommandations de vaccination dans ces populations à risque. La vaccination de l’entourage constitue également une mesure essentielle de protection de ces patients.

Un exemple : infections invasives à pneumocoque et maladies chroniques
Le taux d’incidence est plus élevé chez les adultes présentant une maladie chronique par rapport à une population en bonne santé. Ce taux varie en fonction des pathologies présentées : l’incidence des infections invasives à pneumocoque est de 46,2 cas pour 100000 chez les diabétiques, 62,9 pour 100000 chez les insuffisants respiratoires chroniques et 93,7 cas pour 100000 chez les patients présentant une pathologie cardiaque chronique (voir figure ci-dessous).

Télécharger et imprimer la figure

Vaccination d’un patient porteur d’une hépatopathie chronique

Les cirrhoses s’accompagnent d’un risque accru d’infection en raison d’altérations intrinsèques du système immunitaire et d’une clairance bactérienne diminuée du fait d’un shunt porto-systémique. Chez les patients porteurs d’une hépatopathie chronique, la survenue d’une hépatite aiguë virale s’accompagne d’une morbi-mortalité importante : le risque d’hépatite fulminante est plus élevé et l’on observe une accélération de la progression vers l’hépatocarcinome.

C’est pourquoi il est recommandé de vacciner ces patients contre les hépatites A et B s’ils sont séronégatifs pour ces infections, ainsi que contre la grippe et les infections à pneumocoque. En effet, ces deux infections peuvent conduire à un tableau clinique grave par décompensation de la maladie hépatique, en raison notamment de la sécrétion subséquente de cytokines pro-inflammatoires et du tropisme hépatique du virus de la grippe. L’immunogénicité de la vaccination diminue lorsque la fibrose hépatique progresse, mais son efficacité reste suffisamment élevée pour la recommander. Dans certains cas (vaccin hépatite B), un schéma comprenant plus d’injections et des doses plus élevées est utilisé.

Vaccination de l’entourage

La vaccination de l’entourage des sujets présentant une maladie chronique – personnel soignant, personnes vivant sous le même toit ou en contact étroit – est primordiale afin d’éviter la transmission des infections à ces patients chez lesquels la vaccination n’est pas aussi efficace que chez les personnes en bonne santé. Le calendrier vaccinal de base est recommandé, ainsi que la vaccination antigrippale annuelle.

Bibliographie