Administration des vaccins

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Voies sous-cutanée et intramusculaire

La plupart des vaccins sont injectés par voie sous-cutanée ou intramusculaire.

On désinfectera rigoureusement la peau avec de l’alcool ou un antiseptique, en attendant le séchage quelques secondes et en vérifiant qu’il ne persiste aucun excédent liquide (risque d’inactivation de certains vaccins vivants lors de l’injection). L’injection n’est pratiquée qu’après élimination soigneuse de l’air de la seringue.

  • L’injection sous-cutanée se fait dans la région du deltoïde en pinçant la peau entre le pouce et l’index, et en piquant avec l’aiguille inclinée à 45 degrés la base du pli cutané ainsi formé. La voie sous-cutanée est recommandée pour les vaccins viraux (rougeole, oreillons, rubéole, fièvre jaune, etc.) et optionnelle pour certains vaccins polyosidiques non conjugués, méningococciques et pneumococciques.
  • L’injection intramusculaire se fait au niveau du deltoïde chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte, ou de la face antérolatérale de la cuisse chez le nourrisson, l’aiguille étant introduite perpendiculairement au plan cutané. L’injection dans la fesse n’est pas recommandée, même chez le nourrisson, car le tissu graisseux y est épais et l’aiguille est courte : l’injection est très souvent intra-graisseuse et non intramusculaire, ce qui peut réduire l’efficacité de certains vaccins (par exemple, le vaccin contre l’hépatite B). L’injection de certains vaccins dans la fesse de nourrissons a pu être à l’origine de paralysies sciatiques.
    La préférence pour la voie intramusculaire s’appuie sur des critères d’immunogénicité (hépatite B, grippe et rage) ou de tolérance (vaccins adsorbés).

Mise en garde : ne pas injecter de vaccin par voie intravasculaire !

De nombreux vaccins contiennent des adjuvants à base de sels d’aluminium, qui peuvent persister longtemps dans les macrophages rassemblés autour des fibres musculaires : ils peuvent donner lieu à une lésion microscopique nommée « Myofasciite à macrophages ». À ce jour, les éléments disponibles indiquent que bien que l’aluminium vaccinal puisse persister au site d’injection pendant des années (« tatouage vaccinal »), aucun lien n’a été démontré entre ce « tatouage » et la survenue d’une maladie systémique.

Précautions particulières : chez les sujets thrombocytopéniques ou hémophiles ou les personnes sous anticoagulants, il est recommandé d’administrer le vaccin par voie sous-cutanée dans la mesure où l’injection intramusculaire peut provoquer des saignements. Une pression locale directe doit être exercée pendant au moins cinq minutes. La vaccination peut être aussi faite dans le deltoïde avec une aiguille fine suivie d’une compression forte et prolongée.

Voie intradermique

La voie intradermique (ID) est réservée au BCG.

Ce geste est délicat, surtout chez le nourrisson ; il doit être correctement exécuté et requiert une bonne contention. L’injection intradermique se fait à l’aide d’une aiguille de 0,4 à 0,5mm de calibre (25-27G), de 10mm de long et à biseau court et d’une seringue subdivisée en centièmes de millilitre, pour permettre de mesurer avec précision les très petits volumes. Pour les nourrissons de moins de 3 mois, il est conseillé d’utiliser la plus petite des aiguilles recommandées, de type courte biseautée 26G/0,45.

Le lieu recommandé est la face externe du bras, à l’union tiers moyen-tiers supérieur. La peau doit être bien tendue et l’aiguille doit être enfoncée tangentiellement à la peau, le biseau tourné vers le haut. Dès pénétration dans le derme (2mm), on exerce une pression ferme sur le piston de la seringue pour faire pénétrer le vaccin : la résistance est un signe de réussite. Il se crée une petite zone d’œdème et la peau prend une allure gaufrée, dite « en peau d’orange », de 5 à 6mm de diamètre. L’injection du vaccin BCG se fait lentement jusqu’à apparition d’une papule en peau d'orange, signe d’une injection correcte, quel que soit le volume administré.

À savoir

Dans la mesure du possible, ne pas injecter de produit immunisant dans un site :

  • s’il y a présence d’inflammation, de démangeaison ;
  • s’il y a présence de cicatrice, de nodule, de sensibilité, d’induration, de douleur ;
  • si le membre est paralysé, inactif ;
  • si le membre est affecté par un problème du système lymphatique, par exemple lymphœdème ou mastectomie avec évidement ganglionnaire ;
  • s’il y a présence d’un accès vasculaire d’hémodialyse ou d’un cathéter central introduit par voie périphérique.

On peut injecter un vaccin dans un tatouage, sauf par voie intradermique.

Pour en savoir plus