Encéphalite à tiques

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De 5000 à 13000 cas d’encéphalite à tiques sont rapportés chaque année dans le monde. Très rare en France, l’encéphalite à tiques sévit actuellement de l’Europe de l’Est, au nord du Japon et de la Chine.
La vaccination contre l’encéphalite à tiques est recommandée chez les voyageurs (adulte et enfant de plus d’1 an) devant séjourner en zone rurale ou boisée des régions d’endémie (Europe centrale, Europe de l’Est (orientale) et du Nord (septentrionale), nord de l’Asie centrale, nord de la Chine, nord du Japon) du printemps à l’automne. La vaccination doit toujours être complétée par des mesures individuelles de protection contre les piqûres de tiques.
L’encéphalite à tiques est une zoonose transmise à l’homme par piqûre de tiques, d’où son nom (en anglais : Tick-Borne Encephalitis = TBE). Elle est due à un Flavivirus. Le virus de l’encéphalite à tiques est transmis à l’homme par la piqûre des tiques (ordre des Acariens) du genre Ixodes : Ixodes ricinus en Europe et Ixodes persulcatus en Asie. On reconnaît parmi les nombreux isolats de virus responsables de la méningo-encéphalite à tiques trois sous-types : européen, sibérien et Far Eastern.
Le réservoir de virus est représenté par une grande variété d’animaux sauvages et domestiques (rongeurs, rennes, moutons, chèvres, etc.) qui hébergent la tique dans leur pelage et sont porteurs du virus. La transmission du virus via la consommation de lait cru dans les pays de forte endémie a été rapportée mais plus rarement.
Il s’agit d’une affection aiguë endémique en Europe centrale et septentrionale ainsi qu’en Asie septentrionale ; elle y représente un réel problème de santé publique du fait de sa fréquence et de sa gravité (létalité, séquelles neurologiques).
La prévention consiste à se protéger des piqûres de tiques.

Mesures de prévention des piqûres de tique à recommander lors d’une promenade en forêt, d’un séjour en zone boisée ou végétalisée (jardinage) ou d’une randonnée :

  • porter des vêtements longs et clairs afin de mieux repérer les tiques ;
  • glisser les bas de pantalon dans les chaussettes, voire utiliser des guêtres ;
  • porter des vêtements couvrants (protection de la tête et du cou, en particulier chez les enfants) et des chaussures fermées ;
  • se munir d’un tire-tique.

Il est aussi recommandé d’utiliser des répulsifs cutanés et d’imprégner ses vêtements par des répulsifs dédiés.

Pour en savoir plus, se référer aux recommandations de la HAS.

Mesures à recommander au retour d’une promenade en forêt, d’un séjour en zone boisée ou végétalisée (jardinage) ou d’une randonnée :

  • inspecter tout le corps en examinant tout particulièrement les localisations habituelles, c’est-à-dire les sites où la peau est la plus fine, tels que les aisselles, les plis du genou, les zones génitales, le nombril, les conduits auditifs et le cuir chevelu (il est préférable que l’examen soit réalisé le plus rapidement possible) ;
  • cet examen doit être attentif car le stade du vecteur le plus souvent en cause est la nymphe qui ne mesure que 1 à 3 mm ;
  • il est recommandé de refaire cet examen le lendemain car la tique, gorgée de sang, sera mieux visible.

Clinique

L’encéphalite à tiques est une encéphalite ou une méningo-encéphalite aiguë directement liée à la multiplication du virus dans le cerveau. Après l’infection, près de 80% des patients restent asymptomatique. Chez les personnes qui développent des symptômes, l’incubation dure une à deux semaines. Le début est brutal, marqué par de la fièvre, des céphalées, des frissons.

Après cette première phase peu spécifique et une courte période de résolution des symptômes, une seconde phase neurologique peut apparaître avec un spectre clinique variant d’une méningite lymphocytaire à une encéphalite ou une méningo-encéphalite grave, avec en particulier un ralentissement cognitif et des signes cérébelleux. Les paralysies flasques sont courantes en cas d’atteinte médullaire associée. La létalité est de l’ordre de 1 à 20% dans les séries de cas récentes. Les patients survivants présentent souvent des séquelles neurologiques et psychiatriques (environ la moitié des patients).

Diagnostic biologique

Le diagnostic sérologique est plus fréquemment employé pour diagnostiquer l’infection. En raison de possibles faux positifs chez des patients préalablement vaccinés contre TBE, la fièvre jaune, ou en cas d’antécédent d’infection par d’autres Flavivirus (dengue, virus West Nile), le diagnostic sérologique doit être confirmé par séroneutralisation. Le traitement est uniquement symptomatique et réanimatoire dans les formes les plus graves.

Épidémiologie/couverture vaccinale

La France est considérée comme peu touchée par comparaison aux pays d’Europe centrale et de l’Est. La zone connue à risque pour le virus TBE, en France, est représentée par les régions de l’Est, frontalières de l’Allemagne et la Suisse, en particulier l’Alsace et la Haute Savoie. Il est cependant vraisemblable que le virus puisse être présent de façon plus sporadique dans d’autres régions de France où le vecteur est présent. La couverture vaccinale en France est quasiment nulle, la vaccination n’étant recommandée qu’aux voyageurs se rendant en pays de forte endémie et projetant un séjour en zone forestière ou la réalisation d’activités à risque (randonnées par exemple).

En Europe, l’incidence est très importante dans plusieurs pays d’Europe centrale (République Tchèque, Slovénie) et du Nord (Pays Baltes, Pologne, nord-est de l’Allemagne). Avant la généralisation de la vaccination, l’Autriche était un pays de très forte incidence ; celle-ci a chuté spectaculairement grâce à la vaccination. En raison du changement climatique et de l’extension de la zone de répartition des tiques, une augmentation de l’incidence et de l’aire de distribution de la maladie est évoquée. En particulier, les Pays bas ont connu récemment leur premier cas autochtone et l’incidence augmente dans la partie nord-est de l’Allemagne.

Le vaccin contre l'encéphalite à tiques

RECOMMANDATIONS GÉNÉRALES

La vaccination est recommandée pour les voyageurs séjournant en zone rurale ou forestière d’endémie en Europe centrale, orientale et septentrionale, nord de l’Asie centrale, nord de la Chine, nord du Japon, du printemps à l’automne.

La vaccination doit toujours être complétée par des mesures individuelles de protection contre les piqûres de tique (voir tableau ci-dessous).

Télécharger et imprimer le tableau

SCHÉMA DE VACCINATION

Le schéma de primo-vaccination consiste en 3 injections et est préférablement administré durant les mois plus froids (hiver), afin de fournir une protection durant la période à risque (printemps/été).

Schéma classique

Le schéma classique est à utiliser de préférence pour les patients restant exposés à des risques d'infection.

Adultes et adolescents à partir de 16 ans

  • une 1re injection suivie d’une 2e injection dans un intervalle de 14 jours à 3 mois (Encepur®) ou dans un intervalle 1 mois à 3 mois (Ticovac® 0,5 ml Adultes) ;
  • une 3e injection dans un intervalle de 5 mois à 12 mois (Ticovac® 0,5 ml Adultes) ou de 9 à 12 mois (Encepur®) après la 2e injection ;
  • un 1er rappel administré 3 ans après la 3e injection.

Nourrissons, Enfants et adolescents de 1 an à 15 ans révolus

Schéma accéléré (nourrissons, enfants et adultes)

Si une protection plus rapide est nécessaire (départ imminent), deux « schémas accélérés » peuvent être utilisés, selon le vaccin :

  •  Ticovac® 0,25 ml Enfants (de 1 an à 15 ans) ou Ticovac® 0,5 ml Adultes (à partir de 16 ans)
    • 3 injections : 1re injection (J0), puis 2e injection 14 jours après (J14), 3e injection 5 mois à 12 mois après la 2e injection ;
    • 1er rappel administré 3 ans après la 3e injection.
  • Encepur® (à partir de 12 ans)
    • 3 injections : 1re injection (J0), puis 2e injection 7 jours après (J7), puis 3e injection 14 jours après la 2e injection (J21) ;
    • 1er rappel administré 12 mois à 18 mois après la 3e injection.

La séroconversion est généralement assurée au plus tôt 14 jours après la seconde injection.

Un schéma vaccinal (primovaccination et rappels) commencé avec l’un des vaccins peut être poursuivi avec l’autre, sauf dans le cas du schéma accéléré.

Dans les études cliniques réalisées avec Ticovac® (Adultes et enfants) et Encepur®, la séropositivité était définie par un test de neutralisation (TN) avec un titre ≥10. Trois semaines après la 3e injection, les taux de séropositivité étaient les plus élevés et atteignaient plus de 99% avec le schéma conventionnel et plus de 97% avec le schéma accéléré. Il est par conséquent indispensable d'achever la primovaccination en administrant la 3e dose afin d’obtenir des taux protecteurs d'anticorps chez presque tous les sujets vaccinés.

Les résultats d'une étude de suivi étudiant la persistance des anticorps contre le virus de l'encéphalite à tiques sont en faveur d'un premier rappel vaccinal dans les 3 ans suivant la primovaccination.

Le vaccin Ticovac® (Adultes et enfants) induit des titres d’anticorps neutralisant statistiquement équivalents contre les sous-types du virus de l’encéphalite à tiques Européens, de Sibérie et d’Europe Orientale. Dans une étude clinique publiée, il a également été observé des titres élevés contre le virus de la fièvre hémorragique d’Omsk, cependant ces titres étaient plus faibles que ceux des sous-types du virus de l’encéphalite à tiques.

L’administration de 3 doses du vaccin Encepur® (primovaccination) induit également la production d’anticorps contre les sous-types extrême-orientaux du virus de l’encéphalite à tiques.

L’efficacité épidémiologique est attestée par la réduction significative de l’incidence après une campagne de vaccination, dans les pays ou les régions où l’encéphalite à tiques est invétérée (Autriche, Bavière, etc.).

Les vaccins disponibles en France sont des vaccins produits sur culture de cellules de fibroblastes embryonnaires de poulet (cellules CEF), préparés à partir d’une souche de virus TBE (sous-type d’Europe centrale), adsorbés sur hydroxyde d’aluminium :

  • Encepur® 0,5 ml : pour les adultes et les enfants à partir de 12 ans, chaque dose contient 1,5µg d’antigène viral (souche K23) ;
  • Ticovac® 0,5 ml Adultes : pour les adultes et adolescents à partir de 16 ans, chaque dose contient 2,4µg d’antigène viral (souche Neudörfl) ;
  • Ticovac® 0,25 ml Enfants : à partir d’1 an et jusqu’à 15 ans révolus, chaque dose contient 1,2µg d’antigène viral (souche Neudörfl).
Nom commercial*

Encepur 0,5 ml®

Maladies
concernées

Encéphalite à tiques

Type de vaccin Monovalent
Pour qui ? Enfants à partir de 12 ans, adolescents et adultes
Remboursement** Non pris en charge par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Ticovac 0,5ml®

Maladies
concernées

Encéphalite à tiques

Type de vaccin Monovalent
Pour qui ? Adolescents à partir de 16 ans et adultes
Remboursement** Non pris en charge par l’assurance maladie**
Nom commercial*

Ticovac 0,25ml®

Maladies
concernées

Encéphalite à tiques

Type de vaccin Monovalent
Pour qui ? Enfants et adolescents de 1 à 15 ans
Remboursement** Non pris en charge par l’assurance maladie**
Nom
commercial*
Maladies
concernées
Type
de vaccin
Pour qui ? Remboursement

Encepur 0,5 ml®

Encéphalite à tiques

Monovalent Enfants à partir de 12 ans, adolescents et adultes Non pris en charge par l’assurance maladie**

Ticovac 0,5ml®

Encéphalite à tiques

Monovalent Adolescents à partir de 16 ans et adultes Non pris en charge par l’assurance maladie**

Ticovac 0,25ml®

Encéphalite à tiques

Monovalent Enfants et adolescents de 1 à 15 ans Non pris en charge par l’assurance maladie**

*Cliquer sur le nom du vaccin pour obtenir plus d’informations.

**Certaines complémentaires-santé (mutuelles) proposent des formules comprenant le remboursement des vaccins destinés aux voyageurs.

Il convient de se référer au résumé des caractéristiques du produit (RCP) de ce vaccin, disponible sur le site de la base de données publique des médicaments, pour connaître l’ensemble des contre-indications.

Le vaccin est contre-indiqué en cas d’hypersensibilité aux protéines d’œuf et de poulet, à l’un des excipients, aux substances présentes à l’état de traces (certains antibiotiques, formaldéhyde, etc.).

La vaccination doit être différée en cas de maladie fébrile ou d’infection aiguë.

Il convient de se référer au résumé des caractéristiques du produit (RCP) de ce vaccin, disponible sur le site de la base de données publique des médicaments, pour connaître l’ensemble des effets indésirables.

La vaccination est habituellement bien tolérée. Les événements indésirables transitoires et bénins les plus fréquemment rapportés concernent des douleurs au site d’injection (12 à 28%), myalgies et céphalées (3 à 15%). Une réaction fébrile peut être observée (0,5 à 5,5%). Une fièvre d’intensité modérée (supérieure à 38°C) peut parfois survenir, notamment après la première injection chez l’enfant dans les douze heures suivant la première injection, avec un taux de plus de 20% chez les enfants âgés de moins de 24 mois. Elle peut s’accompagner de nausées et de vomissements. Ces effets peuvent persister vingt-quatre à quarante-huit heures.

Les effets indésirables doivent être déclarés au centre régional de pharmacovigilance correspondant au lieu d’exercice du médecin traitant/spécialiste du patient.

Depuis le 13 mars 2017, les professionnels de santé ou les usagers peuvent également signaler, en quelques clics, aux autorités sanitaires tout événement indésirable sur le site signalement-sante.gouv.fr, dont les effets indésirables, incidents ou risques d'incidents liés aux produits de santé.

Le vaccin contre l’encéphalite à tiques doit être prescrit par un médecin.

Il est disponible en pharmacie et doit être conservé au réfrigérateur entre + 2° C et + 8° C. Il ne doit pas être congelé.

La vaccination peut être réalisée par un médecin ou un infirmier (sur prescription médicale), en libéral et à l’hôpital. Elle peut également être réalisée dans un centre de vaccinations internationales. Dans ce cas, la prescription, la délivrance du vaccin et la vaccination s’effectuent sur place.

Cette vaccination n’est pas prise en charge par l’assurance maladie. Les complémentaires-santé (mutuelles) peuvent éventuellement prendre en charge tout ou une partie des frais si le contrat souscrit le prévoit.

Le vaccin est administré par voie intramusculaire après agitation énergique de la suspension.

À savoir
Afin de savoir s’il existe des difficultés d’approvisionnement de vaccins, consultez la rubrique dédiée sur le site Internet de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Administration avec d’autres médicaments

Aucune étude d’interaction avec d’autres vaccins ou médicaments disponibles n’a été réalisée. Néanmoins, un taux d’anticorps protecteurs peut ne pas être atteint chez les sujets sous traitement immunosuppresseur ou présentant un déficit immunitaire. Dans ce cas, les concentrations d'anticorps doivent être déterminées pour vérifier la réponse à la vaccination et la nécessité de réaliser des injections supplémentaires.

Recommandations

Épidémiologie

Vaccin

  • Heinz F.X., Stiasny K., Holzmann H., Grgic-Vitek M., Kriz B., Essl A., et al. Vaccination and tick-borne encephalitis, central Europe. Emerging Infectious Disease. 2013; 19(1): 69-76.
  • Dorner F., Barbette P.N., Plotkin S.A. Tick-Borne Encephalitis Vaccine. In: Plotkin S.A., Oreinstein W.A., Offit P.A. eds. Vaccines. 4th ed. Philadelphia, Pa: Elsevier, 2004: p. 1039-55.

Effets indésirables