Clinique
La toxine cholérique produite par les souches de Vibrio cholerae du sérogroupe O1 ou O139 provoque une diarrhée aqueuse profuse entraînant une déshydratation dont l’intensité conditionne le pronostic vital. Dans les formes sévères, le malade peut perdre jusqu’à trente litres d’eau par vingt-quatre heures.
Sans traitement, la déshydratation entraîne la mort par collapsus, risque persistant deux à trois jours avant que la diarrhée et les vomissements ne cessent.
La transmission est directe et manuportée, de personne à personne, ou indirecte, par l’eau ou les aliments souillés. Une réhydratation rapide est le traitement essentiel.
Épidémiologie
Le choléra est officiellement endémique dans une trentaine de pays répartis en Afrique intertropicale, Yémen, sous-continent indien, Asie du Sud-Est continentale et île d’Hispaniola. Il s’y transmet de façon sporadique ou par flambée/épidémie saisonnière.
L’infection s’acquiert entre douze heures et cinq jours après ingestion d’un inoculum important de vibrions (de l’ordre de 1011 CFU chez le volontaire sain). Chez les personnes traitées par anti-acides, cet inoculum n’est pas réduit par l’acidité gastrique et l’infection s’acquiert pour des doses infectantes environ 50% moins élevées. Les selles "eau de riz" contiennent environ 108 CFU/ml qui se multiplient rapidement.
Les zones classiquement à risque d’épidémies de choléra sont les lieux de vie denses avec des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement absents ou défaillants comme les bidonvilles périurbains, les camps de réfugiés associés à des déplacements de populations importants, comme les crises humanitaires les génèrent.
La 7e pandémie de choléra continue de se propager. Dans son dernier rapport l’OMS indique qu’en 2024, 560 823 cas et 6 028 décès ont été notifiés par soixante pays (versus 45 pays ayant déclaré des cas en 2023). Le nombre de cas a augmenté de 5 % et le nombre de décès de 50 %. Le taux de létalité global était de 1,1 %. La charge du choléra a pesé encore principalement sur l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie, qui représentaient collectivement 98 % des cas notifiés. En 2024, des cas importés de l’Union des Comores ou des pays du continent africain avaient été à l’origine d’une épidémie à Mayotte. L’ensemble des mesures de contrôles mises en œuvre, notamment les actions de vaccination préventive, ont permis d’enrayer l’épidémie. La situation de ce territoire demeure toujours sous surveillance du fait du contexte régional et des évènements climatiques.
Au niveau mondial, la lutte contre le choléra repose sur l’utilisation de vaccins anticholériques oraux sûrs et l’amélioration de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement dans les zones connues pour être à haut risque.
En France, le choléra est une maladie à déclaration obligatoire (DO). Les critères de notification sont cliniques et bactériologiques. Tout isolat de Vibrio cholerae doit être envoyé au Centre national de référence (CNR) de l’institut Pasteur pour typage et confirmation du diagnostic microbiologique.
