Clinique
L’encéphalite à tiques est une encéphalite ou une méningo-encéphalite aiguë directement liée à la multiplication du virus dans le cerveau. Après l’infection, près de 80% des patients restent asymptomatiques. Chez les personnes qui développent des symptômes, l’incubation dure une à deux semaines. Le début est brutal, marqué par de la fièvre, des céphalées, des frissons.
Après cette première phase peu spécifique et une courte période de résolution des symptômes, une seconde phase neurologique peut apparaître avec un spectre clinique variant d’une méningite lymphocytaire à une encéphalite ou une méningo-encéphalite grave, avec en particulier un ralentissement cognitif et des signes cérébelleux. Les paralysies flasques sont courantes en cas d’atteinte médullaire associée. La létalité est de l’ordre de 1 à 20% dans les séries de cas récentes. Les patients survivants présentent, dans environ la moitié des cas, des séquelles neurologiques et psychiatriques.
Diagnostic biologique
Le diagnostic sérologique est plus fréquemment employé pour diagnostiquer l’infection. En raison de possibles faux positifs chez des patients préalablement vaccinés contre TBE, contre la fièvre jaune, ou en cas d’antécédent d’infection par d’autres Flavivirus (dengue, virus West Nile), le diagnostic sérologique doit être confirmé par séroneutralisation. Le traitement est uniquement symptomatique et réanimatoire dans les formes les plus graves.
En France l'encéphalite à tiques est une maladie à déclaration obligatoire depuis le 10 mai 2021.
Épidémiologie/couverture vaccinale
La France est considérée comme peu touchée par comparaison aux pays d’Europe centrale et de l’Est. La zone connue à risque pour le virus TBE, en France, est représentée par les régions de l’est, frontalières de l’Allemagne et la Suisse, en particulier l’Alsace et la Haute-Savoie. Il est cependant vraisemblable que le virus puisse être présent de façon plus sporadique dans d’autres régions de France où le vecteur est présent. La couverture vaccinale en France est quasiment nulle, la vaccination n’étant recommandée qu’aux voyageurs se rendant en pays de forte endémie et projetant un séjour en zone forestière ou la réalisation d’activités à risque (randonnées par exemple).
En Europe, l’incidence est très importante dans plusieurs pays d’Europe centrale (République tchèque, Slovénie) et du Nord (Pays baltes, Pologne, nord-est de l’Allemagne). Avant la généralisation de la vaccination, l’Autriche était un pays de très forte incidence ; celle-ci a chuté spectaculairement grâce à la vaccination. En raison du changement climatique et de l’extension de la zone de répartition des tiques, une augmentation de l’incidence et de l’aire de distribution de la maladie est évoquée. En particulier, les Pays-Bas ont connu récemment leur premier cas autochtone et l’incidence augmente dans la partie nord-est de l’Allemagne.
En 2020, 95 % des 3817 cas déclarés d’encéphalites à tiques en Europe sont survenus entre mai et novembre, avec une augmentation constante de l’incidence et du taux d’incidence sur la période 2017-2020. Sur la période 2012-2020, une extension géographique des zones endémiques vers le Nord et l’Ouest a par ailleurs été observée. En 2023, 3 690 cas ont été rapportés principalement en Lituanie (597), Suède (596), Pologne (523), république Tchèque (513) et Allemagne (474). Le nombre de cas augmente en Europe, notamment en Allemagne, Italie, Norvège, Slovénie, et Suisse.
En France, en 2024, 62 cas diagnostiqués en France ont été notifiés, ce qui correspond à une augmentation de 60 % du nombre de cas par rapport à 2023, et 77 % par rapport à 2022, première année complète de surveillance par le signalement obligatoire. Cinquante-cinq cas (88,7 %) déclarés en 2024 avaient acquis leur infection en France. Seize cas (25,8 % vs 15,4 % en 2023) exerçaient une profession les exposant au risque de contamination par le virus TBE. Le pic de survenue des cas (date de début des signes) était en juillet-août avec respectivement 16 et 17 cas, soit 53 % du total de l’année. La majorité des cas avaient été contaminés en région Auvergne Rhône-Alpes et Grand-Est.
En 2025, l’augmentation du nombre de cas signalés s’est poursuivie (+ 53 % par rapport à 2024). L’augmentation observée pourrait s’expliquer par deux facteurs principaux : une augmentation réelle de l’incidence, et une montée en puissance de la surveillance, incluant une meilleure connaissance de la maladie associée à une recherche plus systématique du diagnostic et une appropriation du signalement. Le risque d’exposition au virus, en dehors de certains pays endémiques, est difficile à évaluer : l’exhaustivité de la surveillance tant chez l’humain que chez les réservoirs ou le vecteur est très variable en fonction des pays. Par ailleurs, du fait de la complexité du cycle du virus, faisant intervenir l’humain, le monde animal, et l’environnement, le risqu e, dans un pays donné, est distribué de manière focale et très disparate d’une région à l’autre. Les infections par le virus de l’encéphalite à tiques (virus TBE) font l’objet d’un signalement obligatoire en France depuis mai 2021.
Source : Recommandations sanitaires aux voyageurs édition 2026