Dengue

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La dengue sévit le plus souvent dans les régions tropicales et subtropicales de la planète.

Les territoires français d’Amérique sont régulièrement confrontés à des épidémies de dengue, dont une de grande ampleur en 2010, en Martinique et en Guadeloupe. Le virus circule également à La Réunion, où les vagues épidémiques se succèdent, et à Mayotte. En métropole, des cas autochtones sont observés régulièrement depuis 2010.

L'EMA a accordé en décembre 2022 une AMM au vaccin Qdenga® du laboratoire Takeda, pour la prévention de la dengue chez les personnes de plus de 4 ans.

La HAS a publié ses recommandations en décembre 2024 concernant la vaccination contre la dengue, dans l'attente de l'avis du Ministère de la Santé. 

La dengue est une maladie virale majoritairement transmise par les moustiques. Le virus de la dengue peut, de manière plus rare, être transmis par la transfusion ou par la greffe (d’organes ou de cellules).

Le virus de la dengue est un arbovirus. Ce virus à ARN appartient à la famille des Flaviridae (genre flavivirus) et compte quatre sérotypes différents (DENV1 à DENV4).

La dengue sévit principalement dans les régions tropicales et subtropicales de la planète. Elle s’est propagée rapidement ces dernières années dans toutes les régions de l’OMS : le virus se transmet à l’homme par la piqûre des femelles moustiques infectées, principalement de l’espèce Aedes aegypti (que l’on trouve dans les régions tropicales et subtropicales) mais aussi d’Aedes albopictus (régions tempérées). Lors d’une piqûre, le moustique s’infecte en prélevant le virus dans le sang d’une personne infectée et virémique. Le virus se multiplie ensuite dans le moustique pendant une durée de 8 à 12 jours. A l’issue de cette phase dite extrinsèque, ce moustique pourra, à l’occasion d’une piqûre, transmettre le virus à une nouvelle personne.

Sur le territoire français, Aedes aegypti est présent aux Antilles, en Guyane et à Mayotte et Aedes albopictus (appelé également moustique tigre) sur l’île de La Réunion et dans plus de la moitié des départements métropolitains.

Une personne infectée est « contaminante » pour les moustiques au moment où le virus est présent dans son sang, c’est-à-dire pendant la phase virémique de l’infection. Celle-ci commence 1 à 2 jours environ avant le début des signes cliniques, et dure jusqu’à 7 jours après. Pendant cette période, il faut éviter qu’une personne malade ne se fasse piquer et ne transmette ainsi le virus à d’autres moustiques, dans le but d’empêcher que le cycle de transmission virale soit entretenu dans l’entourage des malades.

L’infection par un sérotype induit habituellement une immunité à vie contre ce sérotype, mais seulement une protection temporaire contre d’autres sérotypes. Une infection subséquente d’un sérotype différent augmente le risque de complications graves.

Clinique

Symptômes

Cette infection provoque un syndrome de type grippal et peut évoluer vers des complications potentiellement mortelles, appelées dengue sévère. La dengue touche les nourrissons, les enfants en bas âge et les adultes.

La plupart des infections par le virus de la dengue sont asymptomatiques (50 à 90 % des cas). La période d’incubation dure généralement de 4 à 7 jours, mais peut s’étendre de 3 à 14 jours. 

Dans la forme symptomatique « classique », le tableau clinique se caractérise le plus souvent par une forte fièvre, accompagnée de céphalées, de vomissements, de douleurs musculaires et articulaires, de douleurs rétro-orbitaires et, de façon inconstante, d'une éruption cutanée vers le 5e jour des symptômes. L’évolution est le plus souvent favorable au bout de quelques jours. 

Dans de rares cas (1% des cas symptomatiques), la dengue peut évoluer vers une forme sévère (OMS, 2009). Elle survient 2 à 7 jours après les premiers signes et le retour à la normale de la température (défervescence thermique). La vigilance clinique doit donc être maximale autour du 4e jour d’une dengue. La recherche de signes d’alarme est importante : douleurs abdominales ou sensibilité à l’examen, vomissements persistants, signes d’épanchements liquidiens, saignements muqueux, léthargie ou agitation, hépatomégalie. La dengue grave survient plus fréquemment chez des enfants de moins de 15 ans et chez les personnes ayant déjà été infectées. 

Dengue primaire et dengue secondaire

Il existe quatre sérotypes du virus de la dengue. Une infection par un sérotype confère une immunité contre ce sérotype mais pas contre les autres.

On parle de :

  • dengue primaire lors d’une première infection par un virus de la dengue ;
  • dengue secondaire lorsqu’un individu est réinfecté par un autre sérotype. Le risque de développer une forme grave semble plus important lors d'une dengue secondaire que lors d'une dengue primaire.

Traitement

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre la dengue. Le traitement symptomatique recommandé en première intention associe le repos et le paracétamol. L’utilisation d’acide acétylsalicylique (aspirine) et de médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ibuprofène par exemple) n’est pas recommandée. Les mesures de prévention individuelles ou collectives de lutte antivectorielle sont donc capitales à mettre en place.

La dengue est une maladie à déclaration obligatoire.

Prévention

La prévention individuelle repose essentiellement sur les moyens de protection contre les piqûres de moustiques (répulsifs en sprays ou crèmes, diffuseurs électriques, vêtements longs, moustiquaires). La protection des femmes enceintes et des très jeunes enfants doit être particulièrement renforcée. Le moustique vecteur pique la journée, essentiellement à l’extérieur des maisons, avec une activité plus importante en début de matinée et en fin de journée. La liste des produits répulsifs est disponible dans le numéro spécial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) consacré aux conseils aux voyageurs.

Des documents d’information destinés au grand public sont disponibles sur le site de Santé Publique France

La lutte communautaire est réalisée notamment par la destruction des gîtes larvaires potentiels autour des habitations (eau stagnante dans les soucoupes, gouttières, vases, seaux, détritus...) pour priver les moustiques des sites où leurs larves peuvent se développer.

La lutte antivectorielle (LAV), à l’échelle des territoires, est réalisée par des opérateurs de démoustication (collectivités territoriales, syndicats de lutte contre les moustiques…).

En métropole, la surveillance est renforcée chaque année, du 1er mai au 30 novembre, pour permettre l’intervention rapide de ces services de LAV autour des cas dans les zones où le moustique Aedes albopictus est présent. En pratique, les médecins et les laboratoires sont sensibilisés au début de la saison au risque de transmission d’arboviroses et au signalement immédiat des cas à l’agence régionale de santé (ARS), qui déclenche une investigation épidémiologique et entomologique.

Epidémiologie

L’incidence mondiale de la dengue a progressé de manière spectaculaire au cours des dernières décennies. Plus d’un tiers de la population mondiale vit dans des zones à risque de dengue.
On estime que, chaque année dans le monde, 500 000 personnes atteintes de dengue sévère, dont une très forte proportion d’enfants, nécessitent une hospitalisation. Environ 2,5 % d’entre elles en meurent.
Le nombre de cas de dengue notifiés à l’OMS a été multiplié par plus de huit au cours des deux dernières décennies, passant de 505 430 cas en 2000 à plus de 2,4 millions de cas en 2010 et 4,2 millions de cas en 2019. Le nombre de décès déclarés entre 2000 et 2015 est passé de 960 à 4032.
Les territoires français d’Amérique sont régulièrement confrontés à des épidémies de dengue, dont une de grande ampleur en 2010 en Martinique et Guadeloupe. La dengue circule également à La Réunion où 3 vagues épidémiques se sont succédées de 2017 à 2020, et à Mayotte où a sévi en 2020 une épidémie importante.
En métropole, un nombre croissant de cas est rapporté depuis 2010 (près de 700 en 2020) et quelques un de ces cas sont autochtones.

Consulter les données en France métropolitaine, dans les départements d’outre-mer ou dans le monde, sur le site de Santé publique France

Le vaccin contre LA DENGUE

Le vaccin Dengvaxia® n'est plus commercialisé en France. 

Pour le moment, la recommandation vaccinale par le Qdenga est en attente de la décision du Ministère de la Santé. 

Le vaccin Qdenga® , commercialisé par le laboratoire Takeda, a obtenu une autorisation de mise sur le marché européenne en décembre 2022, pour la prévention de la dengue chez les personnes âgées de 4 ans et plus.

La HAS a publié en décembre 2024 ses recommandations qui concernent les personnes résidant dans les départements et régions d’outre-mer (Antilles, Guyane, Mayotte, La Réunion). Elle recommande la vaccination des enfants âgés de 6 à 16 ans ayant un antécédent d’infection par la dengue, ainsi que celle des adultes de 17 à 60 ans présentant des comorbidités, avec ou sans antécédent d’infection, devant le risque d’aggravation par la dengue de ces comorbidités. S’agissant des enfants drépanocytaires, âgés de 6 à 16 ans, sans antécédent de dengue, la vaccination peut être envisagée au cas par cas.  

SCHEMA DE VACCINATION

Qdenga® doit être administré sous la forme d’une dose de 0,5 mL selon un schéma à deux doses (0 et 3 mois).

La nécessité d’une dose de rappel n’a pas été établie.

Pour le moment, la recommandation vaccinale par le Qdenga est en attente de la décision du Ministère de la Santé. Les données sont disponibles sur le RCP du vaccin. 

Qdenga® est un vaccin vivant atténué composé des 4 sérotypes du virus de la dengue. 

Qdenga® a obtenu une AMM européenne le 5 décembre 2022 pour l’immunisation active contre la dengue due aux sérotypes 1, 2, 3 et 4 du virus de la dengue des personnes âgées de 6 à 16 ans qui ont déjà été infectées par le virus de la dengue et qui vivent dans des zones où cette infection est endémique, ainsi qu'aux personnes de 17 à 60 ans présentant des comorbidités. 

 

Nom commercial*

Dengvaxia®

Maladies
concernées

Dengue

Type de vaccin Quadrivalent
Pour qui ? Personnes de 6 à 45 ans
Remboursement** Non pris en charge par l'Assurance Maladie
Nom
commercial*
Maladies
concernées
Type
de vaccin
Pour qui ? Remboursement

Dengvaxia®

Dengue

Quadrivalent Personnes de 6 à 45 ans Non pris en charge par l'Assurance Maladie

Pour le moment, la recommandation vaccinale par le Qdenga est en attente de la décision du Ministère de la Santé. 

Il convient de se référer au Résumé des Caractéristiques du produit (RCP) de ce vaccin,disponible sur la base de données publiques des médicaments. pour connaître l’ensemble des contre-indications et des effets indésirables. 

Pour le moment, la recommandation vaccinale par le Qdenga est en attente de la décision du Ministère de la Santé. 

Il convient de se référer au Résumé des Caractéristiques du produit (RCP) de ce vaccin, disponible sur la base de données publiques des médicaments. pour connaître l’ensemble des contre-indications et des effets indésirables. 

Pour le moment, la recommandation vaccinale par le Qdenga est en attente de la décision du Ministère de la Santé. 

Il convient de se référer au Résumé des Caractéristiques du produit (RCP) de ce vaccin, disponible sur la base de données publiques des médicaments. pour connaître les modalités de conservation et de prescription du vaccin.