Fièvre jaune

Mis à jour le

Le virus amaril et la fièvre jaune restent d’actualité, le contrôle de la maladie ne donnant des résultats que si des mesures prophylactiques rigoureuses sont en place. Le moindre relâchement de celles-ci permet la réapparition de flambées épidémiques telles celles observées en 2016 en Afrique centrale (Angola, RDC) et, en 2017-2018, au Brésil.

En 2024, des cas ont été déclarés à l’OMS dans 31 pays d’Afrique et 5 pays d’Amérique du Sud. L’OMS estime qu’il existe près de 200 000 cas annuels et 30 000 décès.

La vaccination contre la fièvre jaune (ou vaccination anti-amarile) utilise un virus vivant atténué. Ce vaccin (Stamaril®) est disponible dans les centres de vaccination anti-amarile agréés par les agences régionales de santé et dans certains cabinets médicaux en Guyane. 

La fièvre jaune est une zoonose due au virus amaril (famille des Flaviviridae). Elle est transmise par des moustiques (Aedes, Haemagogus) et est caractérisée chez l’homme par une hépatonéphrite grave. Elle sévit dans la zone intertropicale d’Afrique et d’Amérique sur le mode endémo-épidémique.

La fièvre jaune est une maladie infectieuse due à un arbovirus : le virus amaril (du genre Flavivirus) transmis par divers types de moustiques dont ceux du genre Aedes (ainsi que Hemagogus ou Sabethes en Amérique latine). Les hôtes intermédiaires, amplificateurs, sont les singes, les moustiques jouant le rôle de vecteur et de réservoir grâce à leur capacité de transmission verticale du virus à leur descendance.

Le virus est endémique dans les régions tropicales d’Afrique, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud.
L’homme peut être contaminé de plusieurs manières :

  • par des piqûres de moustiques « sauvages » infectés, à l’occasion d’un séjour en forêt (cycle "selvatique", prédominant en Amérique latine et dans les forêts africaines)

  • par des piqûres de moustiques « domestiques » (Aedes aegypti), à la suite de l’introduction du virus en zone urbaine à partir des zones rurales (cycle "urbain", responsable des grandes épidémies)

  • par des piqûres de moustiques « semi-domestiques », infectant à la fois l’homme et les singes (cycle "intermédiaire", le plus fréquent en Afrique dans les zones de savane, qui peut produire de petites épidémies dans des villages ruraux).

De gravité variable, la fièvre jaune peut être mortelle. La déclaration de la maladie est obligatoire ainsi que la déclaration à l’OMS, la fièvre jaune relevant du Règlement Sanitaire International.
La vaccination anti-amarile est efficace.

La prévention repose sur :

  • La lutte antivectorielle dans les pays où la fièvre jaune circule,

  • La désinsectisation dans les avions,

  • La vaccination qui :

    • Procure 10 jours après l'injection une protection efficace et persistante à vie (pas de rappels nécessaires) dans 90 à 95 % des cas

    • Doit être réalisée dans un centre agréé de vaccination

    • Est exigible à partir de l'âge de 1 an, et possible dès 6 mois

    • Est obligatoire pour les personnes se rendant en Guyane française

    • Est recommandée pour tout séjour dans une zone endémique intertropicale d’Afrique ou d’Amérique latine, même en l’absence d’obligation administrative

    • Est un vaccin vivant atténué présentant certaines contre-indications notamment chez la femme allaitante et le nourrisson de moins de 6 mois (cf. calendrier vaccinal)

    • Est déconseillé pendant toute la durée de la grossesse, mais si le séjour ou le voyage en zone d’endémie ne peuvent être reportés, son indication doit être pesée en raison de la létalité élevée de la maladie.

    • Ce vaccin peut être à l’origine d’effets indésirables bénins, locaux ou systémiques chez environ un tiers des personnes primovaccinées. Il peut aussi être responsable, beaucoup plus rarement, d’effets indésirables graves, voire mortels.

Un seul territoire français situé en zone amarile

Seule la Guyane, où est présent Aedes aegypti, est située dans une zone amarile.

Un diagnostic clinique et biologique

Après la piqûre infectante, l'incubation dure 3 à 6 jours. L’infection resterait asymptomatique dans 50 à 85% des cas.

En cas d’apparition de symptômes :

  • Le début de la fièvre jaune est marqué par un syndrome grippal non-spécifique, une fièvre élevée, des douleurs musculaires et lombaires et une congestion du visage et du cou (phase "rouge"). Des saignements minimes peuvent survenir. Dans la majorité des cas, les symptômes disparaissent au bout de 3 à 4 jours

  • La phase « toxique » survient chez 15-25 % des personnes symptomatiques (et 10 % de l'ensemble des infections) après une amélioration clinique transitoire de quelques heures à 1-2 jours. Elle est caractérisée par la survenue :

    • d’un ictère,

    • de saignements du nez et de la bouche,

    • d’une hémorragie digestive haute (à partir de l’œsophage, de l’estomac et du duodénum) entraînant des douleurs abdominales un melaena et des vomissements sanglants (vomito negro),

    • d’une défaillance rénale (protéinurie et oligurie), ​​​​​

    • peuvent être également présents une atteinte myocardique, des signes neurologiques (convulsions).

  • Environ 50 % des patients entrés dans la phase "toxique" décèdent dans les 10-14 jours. Les autres patients récupèrent sans séquelles.

  • La confirmation biologique du diagnostic de fièvre jaune repose sur :

    • l’identification virale (RT-PCR, isolement du virus) au niveau du sang, possible dans les 6 premiers jours après le début des signes,

    • la sérologie (détection d’anticorps IgM spécifiques).

Un traitement symptomatique

Il n'y a pas de traitement curatif de la fièvre jaune. La prise en charge symptomatique consiste essentiellement à compenser l'hypotension, à suppléer à la défaillance rénale et à compenser les pertes d'électrolytes.

Le vaccin contre La fièvre jaune

Clinique

Bien que la plupart des cas soient asymptomatiques ou paucisymptomatiques (syndrome grippal) et peuvent passer inaperçus, le virus provoque parfois une pathologie aiguë qui se déroule en deux phases. La forme typique débute brutalement après une incubation de trois à six jours et se déroule avec une allure cyclique comportant deux phases séparées par une courte période de rémission le troisième ou quatrième jour :

  • phase rouge ou congestive, avec fièvre élevée, céphalées violentes, myalgies lombosacrées puis généralisées, nausées et vomissements d’abord alimentaires, puis bilieux, faciès vultueux, urines foncées ;
  • phase jaune ou hépatorénale, qui s’annonce par une reprise de la fièvre et comporte un ictère qui fonce progressivement, une oligurie qui s’accompagne d’une albuminurie et peut aboutir à l’anurie, des hémorragies des muqueuses, des vomissements de sang digéré (vomito negro). Les anomalies neurologiques sont constantes : anxiété, agitation ou prostration ; la survenue d’un coma et/ou de signes de localisation sont de pronostic grave. L’évolution se fait soit vers la mort, généralement entre le sixième et le dixième jour, soit vers la guérison sans séquelles et avec une immunité solide et durable. La létalité est très variable selon les épidémies : elle est de l’ordre de 10 à 50% des formes cliniquement patentes.

Diagnostic biologique

Le diagnostic repose sur :

  • l’isolement du virus et son identification et/ou la mise en évidence d’antigènes viraux à partir du sang d’un malade ou d’un prélèvement d’autopsie,
  • la mise en évidence de l’apparition, puis de l’augmentation des anticorps spécifiques dans le sérum du malade au cours de la maladie ;
  • la recherche de lésions histologiques pathognomoniques de la fièvre jaune sur un fragment de foie prélevé sur le cadavre (la biopsie hépatique est rigoureusement contre-indiquée chez le sujet vivant, en raison d’un risque hémorragique) ;
  • la mise en évidence du virus par des techniques de biologie moléculaire.

Épidémiologie

Le virus amaril est entretenu dans la nature par transmission biologique entre des mammifères, principalement des singes, par l’intermédiaire de certains Culicidae : Aedes, Haemagogus. Actuellement, on considère que la zone d’endémicité amarile, où le virus est susceptible de circuler, se situe en Afrique entre le 15° de latitude Nord et le 15° de latitude Sud, et en Amérique entre le 10° de latitude Nord et le 20° de latitude Sud [cartes ci-après].

On distingue :

  • Un cycle selvatique, entre moustiques et singes, essentiellement enzootique, touchant accidentellement l’homme lorsque celui-ci pénètre dans cet écosystème. Il entraîne l’apparition de cas humains sporadiques ou de petites épidémies limitées à quelques cas.
  • Un cycle urbain, lorsque la densité humaine est plus importante et les vecteurs domiciliaires présents en abondance et que le virus est introduit dans cet écosystème. Aedes aegypti est le vecteur essentiel. Le risque est alors l’apparition d’épidémies explosives, massives et meurtrières.

En Afrique, le nombre de cas rapportés a fortement augmenté au Ghana (150 cas contre une moyenne de 28 cas annuels de 2021 à 2023) et au Niger (96 cas contre 0 à 4 cas annuels depuis 2011), et, dans une moindre mesure, en RDC (15 cas contre une moyenne de 9 cas annuels de 2021 à 2023, après l’épidémie de 2020 (529 cas)). Il est resté stable en Angola (7 cas, contre 0 à 4 cas annuels depuis 2017 après l’épidémie de 2016 (881 cas)), au Cameroun (22 cas contre une moyenne de 26 cas annuels de 2019 à 2023), en Centrafrique (3 cas contre une moyenne de 14 cas annuels de 2021 à 2023), au Tchad (3 cas contre une moyenne de 3 cas annuels de 2017 à 2023 après l’épidémie de 2018 (416 cas)). Il a diminué en Côte d’Ivoire (7 cas contre une moyenne de 64 cas annuels de 2019 à 2023), au Nigéria (22 cas contre une moyenne de 79 cas annuels de 2017 à 2023) et en Sierra Leone (96 cas contre 160 en 2023, mais 0 à 3 cas annuels de 2013 à 2022, la dernière épidémie datant de 2011-2012 (465 cas)).

En Amérique du Sud, en 2025, 346 cas confirmés de fièvre jaune et 143 décès ont été signalés dans sept pays de la région : Bolivie (8 cas, 2 décès), Brésil (120 cas, 48 décès), Colombie (125 cas, 46 décès), Équateur (11 cas, 8 décès), Guyana (1 décès), Pérou (49 cas, 19 décès) et Venezuela (32 cas, 19 décès). Au cours des sept premières semaines de 2026, 34 cas humains et 15 décès ont déjà été confirmés en Bolivie, en Colombie, au Pérou et au Venezuela.

La fièvre jaune fait l’objet d’un signalement obligatoire en France.

Le vaccin vivant atténué, Stamaril® préparé à partir de la souche 17D-204 produite sur embryon de poulet, est disponible en France.

RECOMMANDATIONS GÉNÉRALES

En France, la vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour les personnes âgées de plus de 12 mois voyageant ou résidant en Guyane. 

La carte postale des vaccinations dans les DROM disponible ici en téléchargement

RECOMMANDATIONS PARTICULIÈRES

Le vaccin contre la fièvre jaune étant un vaccin vivant atténué, il est par principe contre-indiqué chez les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées.​ A noter que les vaccins vivants viraux (fièvre jaune et ROR) doivent être administrés, dans la mesure du possible, le même jour ou à 4 semaines d’intervalle, pour une meilleure efficacité.

La vaccination contre la fièvre jaune est également contre indiquée chez les patients infectés par le VIH dont le taux de CD4 est inférieur à 200/mm3 ou inférieur à 25 % chez l’enfant âgé de moins de 12 mois ou inférieur à 20 % chez l’enfant âgé entre 12 et 35 mois ou inférieur à 15 % chez l’enfant âgé entre 36 et 59 mois.

Le vaccin vivant atténué contre la fièvre jaune n’est pas recommandé durant la grossesse. En cas de risque élevé d’exposition (épidémie, séjour rural ou en forêt), un report du voyage devrait être envisagé. Cette vaccination, chez les femmes qui allaitent, doit être reportée tant que le nourrisson n'a pas atteint l'âge de 6 mois, sauf en cas de situation épidémique.

A noter que les vaccins vivants viraux (fièvre jaune et ROR) doivent être administrés, dans la mesure du possible, le même jour ou à 4 semaines d’intervalle, pour une meilleure efficacité. 

En milieu professionnel

La vaccination contre la fièvre jaune est recommandée pour les personnels de laboratoire exposés au virus.

En Guyane, une seconde dose est recommandée 10 ans après la primovaccination pour les personnels de laboratoire susceptibles d’être exposés au virus de la fièvre jaune.

Pour les voyageurs

À partir de l’âge de 9 mois (exceptionnellement entre 6 et 9 mois, dans des circonstances particulières) : 1 dose au moins 10 jours avant le départ.

La validité administrative du Certificat international de vaccination antiamarile est à vie (recommandation de l’OMS depuis le 11 juillet 2016). Le calendrier des vaccinations prévoit des exceptions à cette mesure.

Chez le voyageur, une 2e dose est recommandée avant un nouveau départ en zone d’endémie amarile dans les conditions suivantes :

  • à partir de l’âge de 6 ans, pour les nourrissons ayant été vaccinés avant l’âge de 2 ans ;
  • si la primovaccination date de plus de 10 ans, pour :
    • les femmes ayant été vaccinées en cours de grossesse ;
    • les personnes vivant avec le VIH et les personnes immunodéprimées si elles satisfont aux conditions précisées dans le rapport du HCSP de 2014 ;
    • les personnes qui se rendent dans un pays où une épidémie est signalée. 

La vaccination est indispensable pour les personnes voyageant ou résidant dans les régions intertropicales d’Afrique et d’Amérique du Sud, et ce, même en l’absence d’obligation administrative (exigée par certains pays pour l’entrée sur leur territoire). Elle peut également être exigée, même pour un simple transit, chez les personnes âgées d’un an et plus, non vaccinées, se rendant d’une zone endémique dans une zone non endémique mais réceptive. L’obligation et les recommandations vaccinales par pays peuvent évoluer en fonction de la situation épidémiologique de la fièvre jaune. 

En France, la vaccination est obligatoire chez les résidents âgés de 1 an et plus du département de la Guyane (prise en charge dans le cadre des recommandations vaccinales nationales) et pour les voyageurs qui s’y rendent.

Lorsque le voyageur ne peut pas être vacciné contre la fièvre jaune, les séjours en zone d’endémicité amarile sont formellement déconseillés ; pour les séjours dans les pays où la vaccination est obligatoire, si le voyage n’est pas annulé, un certificat de contre-indication doit lui être délivré par le médecin d’un centre de vaccinations internationales, ou par son médecin traitant et les mesures de PPAV durant la journée rappelées. 

SCHÉMA DE VACCINATION

L’immunité protectrice apparaît dans les dix jours suivant l’injection. En mai 2014, sur la base des données de surveillance disponibles, le Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination de l’OMS a conclu qu'une dose unique de vaccin antiamarile suffit à conférer une immunité durable et une protection à vie contre la fièvre jaune et qu’il est inutile d’administrer une dose de rappel.

Dans le contexte des voyages internationaux, la période de validité du certificat international de vaccination contre la fièvre jaune et la durée de la protection conférée par la vaccination antiamarile aux termes du Règlement sanitaire international (RSI) est passée, depuis le 11 juillet 2016, de dix ans à la vie entière du sujet vacciné.

En France, l’impact de la vaccination peut être évalué en Guyane, seul département situé dans une zone amarile. La vaccination contre la fièvre jaune y est obligatoire depuis 1967. La couverture vaccinale y est élevée. En 2009, une enquête exhaustive a été réalisée auprès de l’ensemble des enfants scolarisés, montrant une couverture vaccinale de 95,9% [95,5-96,3] sans qu’il y ait une différence significative entre les zones et entre les tranches d’âge.

Le dernier cas de fièvre jaune autochtone identifié en Guyane remonte à 1998 chez une personne vivant à la frontière avec le Surinam. Un seul autre cas a été déclaré depuis, en 2017, chez une ressortissante brésilienne, décédée, mais pour laquelle le lieu de contamination n’a pas pu être clairement établi (arrivée récente du Brésil alors dans un contexte d’épidémie mais date d’arrivée restée imprécise, ne permettant pas de classer le cas en autochtone ou importé).

Données de séroprotection à long terme :

L’immunité post-vaccinale est double, à la fois humorale (production d’anticorps) mais également cellulaire, cette dernière contribuant à la protection à long terme. Les données sérologiques sont cependant souvent utilisées pour évaluer la protection à long terme, mais les corrélats de protection choisis varient selon les études. Dans une méta-analyse récente, le taux de séroprotection 10 ans ou plus après une vaccination amarile varie de 63 à 100 % (analyse poolée 89 % [IC95 % : 80-95 %]) chez les adultes sains, mais chez les enfants vaccinés entre 9 et 23 mois, il n’est que de 46 à 48 % (analyse poolée 47 % [IC95 % : 35-60 %] ; deux études seulement sont disponibles).

Chez les personnes vivant avec le VIH, ce taux varie de 50 à 75 % (analyse poolée 61 % [IC95 % : 38-82 %]) et chez les personnes ayant débuté un traitement immunosuppresseur après la vaccination, de 74 à 100 %. Ces données suggèrent le maintien de doses de rappel chez les enfants vaccinés entre 9 et 23 mois et chez les personnes vivant avec le VIH. Les études à plus long terme sont peu nombreuses, et pour certaines de faible qualité, mais il est rapporté des valeurs de séroprotection de 81 à 91 % 20 à 30 ans après la vaccination, et de 81 à 92 % 30 à 60 ans après. Les échecs vaccinaux rapportés, souvent dans des études jugées de qualité médiocre, sont très rares. Ils sont considérés en lien, pour une part, avec des erreurs dans les procédés de production, stockage, conservation ou administration, et pour une autre part, avec une administration à des sujets connus comme faiblement répondeurs. Le délai par rapport à la vaccination ne paraît pas être en cause.

Les trois établissements agréés par l’OMS qui fabriquent le vaccin anti-amaril utilisent tous la même souche Rockefeller 17 D (17 DD pour le vaccin BioManguinhos/Fiocruz produit au Brésil), atténuée par passages sur embryons de poulet. Le vaccin est préparé sur embryons de poulet exempts de virus de leucose aviaire. Certains fabricants du vaccin ajoutent à la préparation un stabilisant qui confère au vaccin une relative thermostabilité autorisant l’acheminement des vaccins à température ambiante vers les centres de vaccination.

Le vaccin commercialisé en France est Stamaril®. Une dose de 0,5 ml de vaccin doit contenir au moins 1000 UI de virus de la fièvre jaune.

Nom commercial*

Stamaril®

Maladies
concernées

Fièvre jaune

Type de vaccin Monovalent
Pour qui ? Nourrissons à partir de 9 mois**, enfants et adultes
Remboursement** Non pris en charge par l’assurance maladie en métropole, DOM (Martinique, Guadeloupe, Réunion)***
Nom
commercial*
Maladies
concernées
Type
de vaccin
Pour qui ? Remboursement

Stamaril®

Fièvre jaune

Monovalent Nourrissons à partir de 9 mois**, enfants et adultes Non pris en charge par l’assurance maladie en métropole, DOM (Martinique, Guadeloupe, Réunion)***

*Cliquer sur le nom du vaccin pour obtenir plus d’informations.

**La vaccination contre la fièvre jaune n'est pas recommandée chez les enfants âgés de 6 à 9 mois sauf situations particulières et en accord avec les recommandations officielles disponibles, auquel cas la dose administrée doit être la même que chez les enfants âgés de 9 mois et plus.

***Certaines complémentaires-santé (mutuelles) proposent des formules comprenant le remboursement des vaccins destinés aux voyageurs.

Il convient de se référer au RCP de ce vaccin, disponible sur le site de la base de données publique des médicaments pour connaître l’ensemble des contre-indications.

Les principales contre-indications sont les suivantes :

  • réaction d’hypersensibilité aux œufs, aux protéines de poulet, ou à tout composant du vaccin ;
  • réactions d’hypersensibilité sévères (exemple : anaphylaxie) suite à une précédente injection d’un vaccin de la fièvre jaune ;
  • immunosuppression, qu’elle soit congénitale, idiopathique ou résultant d’un traitement corticoïde par voie générale (à des doses supérieures à celles qui sont utilisées par voie locale ou en inhalation), ou due à une radiothérapie ou à des médicaments cytotoxiques ;
  • antécédents de dysfonctionnements du thymus (incluant myasthenia gravis, thymome et thymectomie) ;
  • infection symptomatique par le VIH ;
  • infection asymptomatique par le VIH quand elle est accompagnée d’une déficience prouvée de la fonction immunitaire ;
  • enfants âgés de moins de 6 mois ;
  • maladie fébrile modérée ou sévère ou maladie aiguë en cours.

Mises en garde spéciales et précautions d’emploi

Le vaccin contre la fièvre jaune ne doit être administré qu’aux personnes qui sont/seront soumises à un risque d’infection par le virus de la fièvre jaune ou qui doivent être vaccinées afin de se conformer à la réglementation sanitaire internationale. Avant toute vaccination contre la fièvre jaune, un soin particulier doit être pris pour identifier les personnes qui pourraient présenter un risque accru d’effets indésirables suite à la vaccination.

Très rarement, des cas de maladies neurotropes associées à la vaccination anti-amarile (YEL-AND) ont été rapportés avec des séquelles ou une évolution fatale dans certains cas. Les signes cliniques sont apparus dans le mois suivant la vaccination, avec une fièvre élevée et des céphalées pouvant évoluer en confusion mentale, encéphalite/encéphalopathie, méningite, déficits neurologiques focaux ou syndrome de Guillain-Barré. À ce jour, la plupart des cas ont été rapportés chez des sujets primovaccinés dans un délai de 30 jours suivant la vaccination. Le risque semble plus élevé chez les sujets âgés de plus de 60 ans, bien que des cas aient aussi été rapportés chez des personnes plus jeunes. L'immunodéficience congénitale ou acquise a également été reconnue comme étant un facteur de risque potentiel.

Très rarement, des cas de maladies viscérotropes associées à la vaccination anti-amarile (YEL-AVD) ressemblant à une infection fulminante par le virus sauvage ont été rapportés. Les signes cliniques peuvent inclure fièvre, fatigue, myalgies, céphalées, hypotension pouvant évoluer en acidose métabolique, cytolyse des muscles et du foie, lymphocytopénie et thrombocytopénie ou insuffisance rénale ou respiratoire. Le taux de mortalité se situe autour de 60%. À ce jour, la plupart des cas de maladies viscérotropes associés à la vaccination anti-amarile sont survenus chez des sujets primovaccinés, dans un délai de dix jours après la vaccination. Le risque semble plus élevé chez les personnes âgées de plus de 60 ans, cependant des cas ont été rapportés chez des personnes plus jeunes. Les pathologies du thymus ont aussi été reconnues comme étant un facteur de risque potentiel.

Grossesse (libellé AMM)

Aucune étude sur le développement ou la reproduction chez l'animal n’a été conduite avec Stamaril® et le risque potentiel chez l’humain n’est pas connu. Des données sur un nombre limité de grossesses n’ont révélé aucun effet indésirable sur la grossesse ou sur la santé du fœtus ou du nouveau-né. Néanmoins, le vaccin contre la fièvre jaune ne doit être utilisé chez la femme enceinte qu’en cas de nécessité absolue et seulement après évaluation soigneuse des risques et bénéfices.

Allaitement (libellé AMM)

Il n’existe que très peu de cas rapportés suggérant qu’une transmission du virus vaccinal de la fièvre jaune au nourrisson lors de l’allaitement par une mère vaccinée en post-partum puisse se produire. En cas de transmission, les nourrissons peuvent éventuellement développer une maladie neurotrope associée à la vaccination anti-amarile (YEL-AND), dont ils guérissent.

En raison du risque probable de transmission au nourrisson de la souche virale du vaccin lors de l’allaitement, Stamaril® ne doit pas être administré aux mères qui allaitent, sauf en cas de besoin clairement identifié comme dans le cadre de la lutte contre une épidémie, et après évaluation du rapport bénéfice/risque.

Sujets immunodéprimés

Stamaril® ne doit pas être administré aux personnes immunodéprimées.

Si l’immunodépression est temporaire, la vaccination doit être retardée jusqu’à ce que la fonction immunitaire soit revenue à la normale. Il est conseillé aux patients qui ont reçu des corticoïdes par voie générale pendant quatorze jours ou plus, de retarder la vaccination d’au moins un mois après la fin du traitement.

Infection par le VIH

Stamaril® ne doit pas être administré aux personnes souffrant d’une infection symptomatique par le VIH ou d’une infection asymptomatique par le VIH quand elle est accompagnée d’une déficience prouvée de la fonction immunitaire. Cependant, les données actuelles sont insuffisantes et ne permettent pas de déterminer les paramètres immunologiques qui pourraient différencier les personnes capables de développer une réponse immunitaire protectrice et pouvant être vaccinées en toute sécurité, de celles pour qui la vaccination serait potentiellement dangereuse et inefficace. En conclusion, si un sujet infecté par le VIH et asymptomatique ne peut éviter un voyage en zone d’endémie, les recommandations officielles doivent être prises en compte en considérant le rapport bénéfice/risque de la vaccination.

Enfants nés de mères séropositives pour le VIH

Les enfants âgés d’au moins 6 mois peuvent être vaccinés s’il est confirmé qu’ils ne sont pas infectés par le VIH.

Les enfants d’au moins 6 mois infectés par le VIH qui nécessiteraient une protection contre la fièvre jaune doivent être orientés vers une équipe pédiatrique spécialisée qui donnera son avis sur la possibilité ou non de vacciner.

Enfants âgés de 6 à 9 mois

Stamaril® ne doit pas être administré aux enfants de moins de 6 mois. Les enfants âgés de 6 à 9 mois peuvent être vaccinés seulement dans des circonstances particulières (ex : épidémies majeures) et sur la base des recommandations officielles en vigueur.

Personnes âgées de 60 ans et plus

Des effets indésirables graves et potentiellement mortels (incluant des réactions systémiques et neurologiques persistant plus de quarante-huit heures, des maladies neurotropes ou viscérotropes associées à la vaccination anti-amarile) peuvent se produire à des fréquences plus élevées après l’âge de 60 ans. Par conséquent, le vaccin doit uniquement être administré aux personnes présentant un risque élevé de contracter la fièvre jaune.

Enfants dont les mères sont traitées pendant la grossesse ou allaitement par l’infliximab

L’infliximab (Remicade, Remsima, Inflectra, Flixabi, Zessly) est un médicament anti-inflammatoire indiqué pour le traitement de plusieurs maladies auto-immunes.

Les vaccins vivants atténués (tels que le BCG et le ROR) exposent les enfants des mères traitées par infliximab pendant la grossesse ou l’allaitement, au risque accru d’infections, y compris des infections disséminées graves pouvant devenir fatales. Les défenses immunitaires des nourrissons exposés à l’infliximab pendant la grossesse ou pendant l’allaitement peuvent être diminuées du fait du passage de cette molécule dans le sang du fœtus et dans le lait maternel. De ce fait, il existe un risque d’infection chez ces nourrissons.

L’ANSM recommande que la vaccination par un vaccin vivant atténué (tels que les vaccins ROR ou BCG) de ces nourrissons soit donc décalée à 12 mois après la naissance et ne soit pas recommandée pendant l’allaitement :

  • Nourrissons exposés à l’infliximab pendant la grossesse :
    • Les vaccins vivants (tels que le vaccin BCG) ne doivent pas être administrés aux nourrissons pendant 12 mois après la naissance.
    • S’il existe un réel bénéfice clinique pour le nourrisson, vous pourrez envisager d’administrer ces vaccins avant la fin de l’expiration du délai d’un an :
      • si les taux sériques d’infliximab chez le nourrisson sont indétectables,
      • si l’administration d’infliximab a été limitée au premier trimestre de la grossesse.
    • En cas de report de la vaccination, un certificat de contre-indication temporaire de vaccination pour motif médical peut être établi afin de permettre à l’enfant d’accéder à un mode de garde en collectivité.
  • Nourrissons exposés à l’infliximab via le lait maternel :
    •  L’administration d’un vaccin vivant (tels que le vaccin BCG) à un nourrisson allaité, lorsque la mère est traitée par infliximab n’est pas recommandée, sauf si les taux sériques d’infliximab chez le nourrisson sont indétectables. Si les taux sériques sont détectables vous devez donc attendre la fin de l’allaitement.

Autres situations

Stamaril® ne doit pas être administré par voie intramusculaire aux personnes souffrant de troubles hématologiques comme l’hémophilie, la thrombocytopénie ou aux personnes traitées par anticoagulants, l’injection par voie intramusculaire pouvant causer des hématomes au site d’injection. L’administration par voie sous-cutanée doit alors être utilisée.

Les patients souffrant d’intolérance héréditaire rare au fructose ne doivent pas recevoir ce vaccin.

Une épreuve de tolérance est indiquée chez les sujets allergiques : injection intradermique de 0,1 ml de vaccin, suivie, en l’absence de réaction dans un délai de dix à quinze minutes, de l’injection sous-cutanée du reste de la dose, soit 0,4 ml.

Il convient de se référer au Résumé des caractéristiques du produit (RCP) de ce vaccin, disponible sur le site de la base de données publique des médicaments pour connaître l’ensemble des effets indésirables.

Environ 16% des sujets vaccinés peuvent présenter de légères réactions (de type douleur, érythème ou œdème) au site d’injection, ainsi que des réactions générales à type de céphalées, myalgies et asthénie. Ces effets indésirables transitoires (quelques heures à deux jours) peuvent survenir dans les deux à dix jours après l’injection. Ils disparaissent spontanément sans aucune séquelle.

Les réactions d’hypersensibilité immédiate à type d’anaphylaxie, tout comme des troubles neurologiques de type encéphalite, sont extrêmement rares, avec une incidence de l’ordre de 2 cas pour un million de doses.

Bien que rarissimes, des réactions post-vaccinales sévères de type neurotrope (8 cas rapportés/million de doses) et viscérotrope (4 cas rapportés/million de doses), parfois fatales, ont été rapportées dans la littérature internationale depuis 2001.

Aucun cas de défaillance polyviscérale associée au vaccin contre la fièvre jaune n’avait été signalé avant 1996.

Les facteurs de risque potentiels identifiés sont un dysfonctionnement thymique ou une thymectomie (contre-indication), et un âge supérieur à 60 ans qui doit, lors d’une primovaccination, faire discuter le bénéfice/risque et ne préconiser la vaccination que si le risque d’infection dans la zone visitée est considéré comme avéré.

Les effets indésirables doivent être déclarés au centre régional de pharmacovigilance correspondant au lieu d’exercice du médecin traitant/spécialiste du patient.

Données de tolérance 

Le risque d’événement indésirable grave lié à la vaccination amarile (atteinte neurologique ou viscérale) est jugée très faible en population immunocompétente. L’analyse rétrospective de trois bases de données de santé américaines portant sur plus de 260 000 patients n’a retrouvé que 4 cas de maladie neurotrope (soit une incidence de 1,41 à 3,04 cas /100 000 receveurs), et aucun de maladie viscérotrope. Les données de pharmacovigilance françaises rapportent quant à elles 10 cas de maladie neurotrope et 2 cas de maladie viscérotrope (1 décès) post vaccinales de 2012 à 2022, soit une incidence globale de 0,6 cas pour 100 000 doses. Il s’agissait dans 50% de patients jeunes sans antécédent, et pour les autres, on retrouvait une comorbidité cardio-vasculaire. A posteriori, la présence d’anticorps anti-interféron était retrouvée chez 3 patients sur les 10 testés. Ce risque de maladie neurotrope ou viscérotrope post-vaccinale chez les personnes présentant un déficit du récepteur de l’interféron ou des auto-anticorps anti interféron a été souligné par ailleurs. 

Administration avec d’autres vaccins et autres interactions

Le vaccin anti-amaril peut être administré simultanément, mais en deux sites d’injection séparés et de préférence sur deux membres différents, avec le vaccin contre l’hépatite A, et le vaccin polyosidique Vi contre la typhoïde.

La co-adminsitration avec le ROR doir être évitée, en respectant un délai minimal de un mois entre les deux injections. Cependant en cas de départ imminent, la co-adminsitration est possible en des sites différents.

Il ne doit pas être administré aux personnes recevant un traitement immunosuppresseur (ex : agents cytotoxiques, corticoïdes par voie systémique, à des doses supérieures aux doses standards de corticoïdes utilisés par voie topique ou inhalés, ou autres agents).

Il peut induire des résultats faux-positifs lors d’analyses et/ou de tests diagnostiques pour la détection d’autres maladies à flavivirus telles que la dengue ou l’encéphalite japonaise.

La vaccination contre la fièvre jaune ne peut être effectuée que dans un centre de vaccination antiamarile agréé par les autorités sanitaires. La prescription, la délivrance du vaccin et la vaccination s’effectuent sur place.

Cette vaccination n’est pas prise en charge par l’assurance maladie. Les complémentaires-santé (mutuelles) peuvent éventuellement prendre en charge tout ou une partie des frais si le contrat souscrit le prévoit.

Le vaccin est administré par voie sous-cutanée (ou plus rarement par voie intramusculaire) à la dose de 0,5 ml (dosage unique). Il se présente sous forme de poudre. La suspension vaccinale est reconstituée en injectant le solvant dans l’ampoule ou le flacon de poudre.

Après reconstitution, le vaccin doit être administré immédiatement (présentation unidose) ou dans les six heures suivant sa reconstitution, à condition qu’il ait été conservé au réfrigérateur entre + 2 °C et + 8 °C (présentation multidose).

Le certificat de vaccination contre la fièvre jaune
Pour obtenir un certificat de vaccination contre la fièvre jaune, il est nécessaire d’être vacciné dans un centre de vaccinations agréé afin qu’un certificat international de vaccination (de couleur jaune) soit émis. Ce certificat est valide à partir du 10e jour après la première dose de vaccin. En cas de besoin d’un rappel, le certificat est valable immédiatement après l’injection.

Le règlement sanitaire international autorise tout État se trouvant en zone de réceptivité à exiger de toute personne âgée de 1 an au moins pénétrant sur son territoire un Certificat international de vaccination à jour. Depuis le 15 juin 2007, le modèle de « certificat international de vaccination ou de prophylaxie » contenu dans l’annexe 6 du RSI est disponible sur le site internet de l’OMS.

Depuis le 11 juillet 2016, la durée de la protection conférée par la vaccination contre la fièvre jaune et la validité du certificat de vaccination correspondant ont été étendues à la vie entière de la personne vaccinée.

Par conséquent, depuis le 11 juillet 2016, aucun État-partie ne peut exiger des voyageurs internationaux, pour les certificats existants ou nouveaux, la revaccination ou une dose de rappel de vaccin anti-amaril comme condition d'entrée, quelle que soit la date à laquelle le certificat international de vaccination a été délivré initialement.

Par ailleurs, les États continuent à désigner des centres déterminés de vaccination anti-amarile sur leur territoire pour garantir la qualité et la sécurité des procédures et des matériels utilisés.

À savoir
Afin de savoir s’il existe des difficultés d'approvisionnement de vaccins, consultez la rubrique dédiée sur le site Internet de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM).

Vaccination et don du sang

Le don du sang est contre-indiqué en cas de vaccination contre la fièvre jaune depuis moins de quatre semaines.

Recommandations

Épidémiologie

Vaccin

Effets indésirables