La campagne d'immunisation des nouveau-nés et nourrissons contre les infections à VRS comprend deux stratégies possibles : la vaccination de la femme enceinte ou l’immunisation des nourrissons par un anticorps monoclonal. Les parents informés par les professionnels de santé peuvent décider de la stratégie à suivre pour leur enfant.
Une récente étude publiée par le groupement d’intérêt scientifique Epi-PHARE révèle que l’anticorps monoclonal Beyfortus, administré directement aux nourrissons, assure une protection plus efficace que la vaccination des femmes enceintes par Abrysvo.
Epi-PHARE a analysé les données du Système national des données de santé (SNDS) pour 42 560 nourrissons nés entre septembre et décembre 2024, répartis en deux groupes : immunisation passive par Beyfortus ou immunisation maternelle par Abrysvo. Les chercheurs ont pris en compte la date de sortie de la maternité, le sexe, l’âge gestationnel et la région.
Après 84 jours de suivi médian, 481 hospitalisations pour infection respiratoire basse liée au VRS ont été enregistrées (212 avec Beyfortus vs 269 avec Abrysvo). Les résultats montrent une réduction significative des hospitalisations dans le groupe Beyfortus, ainsi que des risques moindres d’admission en réanimation, de recours à la ventilation et à l’oxygénothérapie.
Ces résultats suggèrent que le nirsevimab offre une efficacité supérieure à celle de la vaccination maternelle par RSVpreF dans la prévention des hospitalisations liées au VRS et des formes sévères au cours de la première saison de VRS chez les nourrissons.
Toutefois, les deux approches restent efficaces et complémentaires, et leur intégration dans une stratégie combinée pourrait permettre d’optimiser la prévention du VRS en population générale.